«La Maison au toit rouge» appuie sur la corde sensible du mélo

CINEMA L'actrice Haru Kuroki a reçu le prix d'interprétation féminine à Berlin pour le dernier film du réalisateur japonais Yoji Yamada...

Stéphane Leblanc

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La Maison au toit rouge de Yoji Yamada
La Maison au toit rouge de Yoji Yamada — Pyramide Film

Vous souvenez-vous de Sur la route de Madison, grand classique de 1995 signé Clint Eastwood? Appuyant sur la même corde sensible du choix de la raison qui fait du mal au cœur, le doyen des réalisateurs japonais, Yoji Yamada, 83 ans, remet le mélodrame au goût du jour.

Comme Meryl Streep chez Clint Eastwood, La Maison au toit rouge commence à la mort de la vieille dame. Sa famille trouve dans ses affaires une enveloppe scellée qui contient une lettre qui va les amener à découvrir la vérité sur un secret longtemps gardé. Témoin d’une passion illégitime entre sa patronne et le collègue du mari de celle-ci, cette dame qui n’était alors qu’une jeune domestique va prendre une décision qu’elle croit être la bonne mais qu’elle regrettera toute sa vie.

Les petits bonheurs de la vie

Plus qu’à Sur la route de Madison, c’est au Frank Capra de La Vie est belle que le cinéaste Yoji Yamada se réfère, expliquant avoir souhaité «mettre en avant les petits bonheurs de la vie». C’est vrai jusqu’à l’irruption de la seconde guerre mondiale et d’événements  qui vont tout gâcher.

On pleure beaucoup dans La Maison au toit rouge. Surtout Taki, l’ancienne bonne incarnée dans sa jeunesse par Haru Kuroki (prix d’interprétation à Berlin) et toujours ivre de remords une fois devenue âgée. Le spectateur aussi, s’il se laisse aller et même s’il en a vu d’autres.  

Il y a quand même de belles idées. Représenter la maison du titre par une maison de poupée et la soumettre aux feux des pétards pour figurer des bombardements, par exemple. Il faut reconnaître au vieux cinéaste un certain savoir-faire pour relater l’effroi avec délicatesse.