Emma de Caunes et Yannick Renier font de beaux «Châteaux de sable»

CINEMA Des acteurs émouvants s'aiment et se déchirent dans cette chronique délicate sur fond de deuil...

Caroline Vié

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Les châteaux de sable
Les châteaux de sable — La belle Company

Ils se sont aimés, puis séparés douloureusement et se retrouvent pour vendre une vieille maison dans les paysages magiques des Côtes d'Armor. Les châteaux de sables tricote une histoire toute simple autour de personnages pétris d'interrogations sur la vie, la mort, l'amour.

Quinze ans de maturation

Olivier Jahan aura mis quinze ans pour parvenir à monter ce deuxième long-métrage après Faites comme si je n'étais pas là. Ce temps de maturation a eu du bon car Les châteaux de sables surprend par sa gravité et sa façon de montrer le quotidien sans fioriture. S'appuyant sur un trio d'acteurs remarquables (Emma De Caunes, Yannick Renier et Jeanne Rosa), le réalisateur montre des trentenaires à la croisée des chemins, saisissant le moment où des reliquats d'enfance s'effacent doucement pour laisser place à l'âge adulte.

Le deuil, mode d'emploi

Face au deuil d'une relation amoureuse, d'un père très aimé et d'une maison de famille, l'héroïne grandit doucement tandis qu'Olivier Jahan s'essaye à un hommage discret à la Nouvelle Vague avant de laisser son sujet dévorer l'écran. Une apparition remarquable d'Alain Chamfort, étonnant dans un rôle quasi fantomatique, ajoute une petite touche de tendresse à une belle analyse sur les rapports humains montrés avec autant de finesse que de pudeur. Ce film lumineux émeut. Reste maintenant à espérer qu'il ne faudra pas attendre quinze autres années pour voir le prochain long-métrage d'Olivier Jahan.