Léa Seydoux éclaire «Journal d’une femme de chambre» d'une lueur singulière

CINEMA Léa Seydoux est belle et faussement soumise dans le dernier film de Benoît Jacquot...

Caroline Vié

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Léa Seydoux dans Journal d'une femme de chambre
Léa Seydoux dans Journal d'une femme de chambre — Mars distribution

En adaptant Le journal d'une femme de chambre d'Octave Mirbeau, Benoit Jacquot offre à Léa Seydoux un rôle passionnant. «Le film me donnait aussi l’occasion de suivre à nouveau un personnage féminin du premier au dernier plan comme je l’ai fait souvent», explique le réalisateur des Adieux à la reine (2012) où il dirigeait déjà l'actrice. Leur complicité a porté ses fruits: le film est absolument remarquable.

 

Une présence écrasante

Après les prestations épatantes de Paulette Godard dans la version de Jean Renoir en 1946 et de Jeanne Moreau dans celle de Luis Buñuel en 1964, la jeune actrice est parfaite en domestique confrontée à la concupiscence de son patron (Hervé Pierre) et au rigorisme de sa maîtresse (Clotilde Mollet). «Je lui ai confié le film», déclare le cinéaste. Le spectateur ne peut qu'approuver ce parti pris. La comédienne emporte cette chronique en faisant passer un mélange de révolte et de soumission. «Comme les esclaves, elle a intériorisé sa servitude», précise Benoit Jacquot.

La survie avant tout

Depuis La vie d'Adèle (2013), Léa Seydoux a encore gagné en maturité dans son jeu. La subtilité de sa performance surprend constamment, transformant cette étude de mœurs en portrait de femme fascinant. «C'est une fille pragmatique, en permanence dans la survie. Elle n'est pas dans la victimisation», explique la comédienne. Pourtant, les domestiques en bavaient au début du siècle dernier. La vie quotidienne de la jeune femme, filmée en entomologiste par Jacquot, se révèle au fil de saynètes faisant partager au spectateur ses joies (rares) et humiliations (nombreuses).

Et bientôt une nouvelle conquête

«Je voulais qu'elle ait de la tenue car j'essaye toujours de trouver une posture particulière à mes personnages» déclare Léa Seydoux qui avoue avoir retrouvé du plaisir à jouer grâce à Benoit Jacquot après avoir souffert d'une période de doute. On a hâte de retrouver cette talentueuse comédienne de 29 ans dont la carrière s'envole. A peine la porte de l'appartement bourgeois de ce Journal d'une femme de chambre refermée, Léa Seydoux est partie charmer James Bond/Daniel Craig dans Spectre de Sam Mendes qui sortira le 11 novembre prochain.