Dégoûts et des couleurs...

©2007 20 minutes
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Entre critiques et cinéastes, les rapports sont tumultueux, comme le confirme Je t'aime moi non plus, l'amusant documentaire que l'actrice et réalisatrice Maria de Meideros a tourné « in situ » au Festival de Cannes. Exemple : Ken Loach, qui n'hésite pas à comparer le critique à un chien qui pisse sur un film comme sur un lampadaire.

A tort ou à raison, la critique est ressentie comme une violence, d'autant plus qu'elle s'exerce publiquement, et parfois sommairement. « En choisissant ce métier, il faut être prêt à souffrir », prévient le réalisateur David Cronenberg.

Les « méchants » critiques se défendent mollement. Todd McCarthy, de Variety, reconnaît s'être trompé sur Barry Lindon ; Michel Ciment, de Positif, regrette d'avoir « perdu des amis suite à une mauvaise critique ». D'autres sont encore plus désinvoltes : l'un évoque ses confrères qui « dorment en projection » ou qui « sortent avant la fin », un autre n'ouvre jamais un dossier de presse « pour arriver vierge devant le film » - si on le suit, pourquoi lirait-on ses articles avant de se rendre en salle ?

Plus heureux, Christophe Honoré face à la critique de son film 17 fois Cécile Cassard dans Libération : « Je m'y retrouve complètement. Mais si je croise Olivier Séguret et que je lui dis merci, j'aurai l'air un peu crétin, non ? » Pedro Almodóvar relativise encore en mettant public et critiques dans le même sac : « De toute façon, pour 7 €, n'importe qui peut t'insulter... »