Danièle Thompson
Danièle Thompson — Emilie de la Hosseraye

BEAUNE

Festival de Beaune: Danièle Thompson veut avoir le cœur qui bat

La réalisatrice et son jury éliront le meilleur film policier de cette septième édition qui commence ce mercredi...

Danièle Thomspon va délaisser pendant quelques jours la préparation des Inséparables, son nouveau film sur l'amitié entre Paul Cézanne (Guillaume Gallienne) et Emile Zola (Guillaume Canet), pour présider la 7e édition du Festival du Film Policier de Beaune. «C’est un genre auquel je ne me suis jamais frotté comme cinéaste, mais que j'adore en tant que spectatrice. Il y a toujours quelque chose d'intéressant dans un polar».

Une toile avec Jean-Pierre Melville

Le 7e Art est une seconde nature pour la présidente. Fille du cinéaste Gérard Oury avec lequel elle a coécrit La grande vadrouille (1966), Danièle Thompson fut cinéphile dès l'enfance. «Quand j'étais gamine, les parents rechignaient à envoyer leurs filles jouer avec moi car ils savaient qu'on nous emmènerait voir des films, ce qui n'était pas considéré comme une occupation respectable.» 

Le cinéma policier, la toute jeune Danièle l'a découvert à la source en rencontrant Jean-Pierre Melville, réalisateur du Samouraï. «J'ai le souvenir d'un homme joyeux fasciné par l'Amérique. Il m'épatait parce qu'il possédait une salle de projection chez lui».

Un polar, c'est de l'émotion avant tout

«Le polar est un genre très large, dit-elle, mais ce que j'attends par-dessus tout, c'est de ressentir des choses, d'avoir le cœur qui bat. Si je décroche, c'est mauvais signe...» 

Avec une sélection de huit films venus de France, du Royaume-Unis, d'Espagne, du Danemark et d'Allemagne, toute une palette d'émotions devrait être au rendez-vous du jury qu'elle compose avec Emmanuelle Bercot, Elsa Zylberstein, Stéphane de Groodt et Philippe Le Guay. «Je connais la plupart d'entre eux. Je sens qu'on va passer un bon moment».

Les délibérations promettent d'être enflamées

Les jurys, Danielle Thomspon connaît ça aussi depuis qu'elle a participé à celui du Festival de Cannes en 1986, présidé par Sydney Pollack. «C'était une grande année et nous avions fini par récompenser Mission de Roland Joffé. Je garde en mémoire des discussions passionnées autour d'œuvres aussi diverses que Thérèse d'Alain Cavalier, Tenue de soirée de Bertrand Blier et Le Sacrifice d'Andreï Tarkovski».

A entendre la réalisatrice de La Bûche parler de cinéma avec passion, il est facile d'imaginer que les délibérations vont être animées. Le palmarès sera connu samedi soir.