Michel Bouquet: «Le scénario de "L’Antiquaire" m'a redonné des envies de cinéma»

CINEMA Michel Bouquet s'est régalé à camper un personnage trouble dans ce thriller signé François Margolin ...

Caroline Vié

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Michel Bouquet et Anna Sigalevitch dans L'Antiquaire
Michel Bouquet et Anna Sigalevitch dans L'Antiquaire — Margo Cinéma

Dans L'Antiquaire, une jeune femme juive mène une enquête risquée sur des tableaux volés à son grand-père pendant la Seconde guerre mondiale. Michel Bouquet, 89 ans, y fait l'une de ses trop rares apparitions au cinéma en oncle au passé trouble. François Margolin (Mensonges,1992) lui permet de donner la réplique à un autre monstre sacré de la scène, Robert Hirsch, pour une scène homérique. Michel Bouquet a parlé à 20 Minutes de cette rencontre et de son métier d'acteur sur les planches et devant la caméra...

Pourquoi vous voit-on si peu au cinéma?

On m'offre rarement des rôles alléchants alors que le théâtre regorge de textes grandioses. Le scénario de L'Antiquaire m'a redonné des envies de cinéma en m'offrant un personnage particulièrement complexe, celui d'un homme dépourvu de moralité auquel il fallait apporter une certaine dose d'humanité.

Est-ce cet aspect sombre qui vous a motivé?

C'est aussi le fait que l'on parle des œuvres d’art volées aux Juifs et de ce qui a pu leur arriver. Ce sujet peu traité me semblait passionnant. J'ai trouvé l'approche de François Margolin très intéressante et je me réjouissais de donner la réplique à Robert Hirsch. Nous nous sommes bien amusés ensemble bien que nous traitions d'un thème grave.

Comment entrez-vous dans un rôle?

Le texte compte toujours énormément pour moi. C'est sans doute ma formation théâtrale. Je prends le temps de l'étudier, de la savourer et j'essaye d'apporter ma touche au personnage avec la complicité du metteur en scène. Il s'agit d'un travail très excitant dont je ne me lasse pas.

C'est pour cela que vous pouvez jouer des pièces inlassablement?

Tout à fait. Il y a toujours quelque chose à trouver dans un texte. On peut le peaufiner de jour en jour en allant de découverte en découverte. Chaque soir, avant de monter sur scène, je m'enferme dans ma loge et je relis la pièce que je dois jouer. C'est un régal de m'y replonger...

Vous ne comptez donc pas prendre votre retraite?

Je ne vois pas pourquoi je m'arrêterais! Le public me fait encore le cadeau de venir me voir sur scène que ce soit à Paris ou en province où les spectateurs sont incroyablement généreux. Ce serait impoli de ma part de les décevoir en ne partageant plus avec eux la passion que j'éprouve toujours pour mon métier.