«Crosswinds, la croisée des vents»: Une véritable révélation

CINEMA Ce premier film tourné dans un superbe noir et blanc est à couper le souffle...

Caroline Vié

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Laura Peterson dans La croisée des vents
Laura Peterson dans La croisée des vents — ARP Distribution

Sur le papier Crosswinds, la croisée des vents n'envoie pas précisément du rêve. Ce film en noir et blanc, consacré à la déportation des Estoniens par Staline pendant la Seconde guerre mondiale, aurait pu être plombant. Il coupe le souffle par sa beauté et sa puissance.

Une réalisatrice à découvrir

Pour son premier long-métrage, Martti Helde fait montre d'une maîtrise remarquable. Elle s'est inspirée des histoires de son grand-père qui fut déporté en Sibérie et de témoignages de survivants pour écrire ce film magistral réalisé avec une grande économie de moyens. Comme il n'existait aucun film ni photo de ces événements, sa documentation n'a été basée que sur les récits qu'elle a pu réunir.

Des plans à couper le souffle

On reste bouche bée devant certaines séquences, notamment lorsque l'action se fige sur des visages ou des actions comme si le temps s'était arrêté. «Je voulais forcer le spectateur à regarder ce que je lui montre. Il n’a pas le choix, il ne peut pas s’échapper», explique la cinéaste. La fascination que distille cette œuvre intensément belle parvient à dénoncer l'horreur et la folie des hommes sans abuser des effets mélodramatiques. Chapeau.