«Inherent Vice»: Pourquoi c'est super qu'on ne comprenne pas tout

CINEMA Le réalisateur de «Magnolia» emporte le spectateur dans un film au canevas complexe, mais à la réalisation vertigineuse et brillante...

Caroline Vié
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Joaquin Phoenix et Benicio Del Toro dans Inherent Vice
Joaquin Phoenix et Benicio Del Toro dans Inherent Vice — Warner Bros France e

Paul Thomas Anderson retrouve Joaquin Phoenix qu'il a dirigé dans The Master (2013) pour Inherent vice, polar métaphysique qui se déroule dans le Los Angeles des années 1970. 20 Minutes vous explique pourquoi le nouveau film du réalisateur de There Will be Blood (2007) est génial, même si on se perd un peu dans son intrigue...

 

On est captivé

L'enquête de ce détective privé pour retrouver l'amant de son ex le plonge dans un univers aux frontières du fantastique où on l'on s'égare comme dans les ruelles crasseuses d'une cité tentaculaire. Très vite, on est aussi largué que lui au milieu de flics, de prostituées, de dentistes, de milliardaire et de néonazis. Pas question de regarder sa montre de peur de ne plus se retrouver.

On fait de belles rencontres

Autour de Joaquin Phoenix, hirsute et halluciné, le réalisateur a réuni une impressionnante brochette de stars: Josh Brolin, Reese Witherspoon, Benicio Del Toro, et Owen Wilson apparaissent tour à tour dans cette galerie de portraits dont chaque tableau évoque un Hollywood riche en personnages excentriques amateurs de paradis artificiels.

On a l'impression d'être en apesanteur

Le héros fume des joints comme une locomotive et la mise en scène de P.T. Anderson retranscrit bien l'état second dans lequel ce défoncé chronique évolue. Pas besoin de prendre vraiment des psychotropes pour décoller en sa compagnie. Dès les premières images, le spectateur voyage au cœur des seventies. Ça plane pour lui dans une Amérique fantasmée.

On se fiche de ne pas tout suivre

Comme le détective, le spectateur ne comprend pas tout mais cela n'a aucune importance. Ce labyrinthe dont les images surréalistes renforcent l'impression d'être ailleurs offre un voyage psychédélique balayé d'angoisses et d'éclats de rire. Il s'agit d'un vrai trip cinématographique aussi fascinant qu'excitant. L'univers du romancier Thomas Pynchon prend vie.

On voyage dans le temps

C'est sans doute à cela que devait ressembler la perception du monde d'un hippie  à côté de ses pompes. Anderson atteint des sommets d'absurdité et de burlesque tout en rendant hommage au grand Robert Altman et à ses films puzzle les plus envoûtants. On pense aussi à Las Vegas Parano (1998) de Terry Gilliam devant ce délire, entre rêve et cauchemar, confirmant qu'Anderson est un très grand cinéaste.