«Chappie»: Comment transformer un acteur en robot

CINEMA Comment Sharlto Copley est devenu le robot Chappie devant la caméra de Neill Blomkamp...

Caroline Vié

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Dev Patel dans Chappie
Dev Patel dans Chappie — Sony Pictures

Et si Sharlto Copley était le nouveau Andy Serkis? Cet acteur découvert dans District 9, premier film de son mentor Neill Blomkamp, fait comme Serkis, le comédien qui incarna Gollum et King Kong chez Peter Jackson. Copley se glisse dans l'enveloppe métallique de Chappie, robot craquant qui donne son titre à cette fable de science-fiction et parvient à lui donner une âme.«J'ai commencé par dessiner Chappie puis Sharlto est intervenu pour trouver le mouvement qui lui donne sa personnalité», explique Blomkamp qui le dirige face à Hugh Jackman et Sigourney Weaver.

 

Un personnage en constante évolution

Dans le film, ce héros métallique créé par un scientifique joué par Dev Patel a d'abord les attitudes des tout-petits enfants avant de grandir et de mûrir au contact d'une bande de hors-la-loi violents et mal embouchés devant sa famille. «C'était l'un des défis majeurs que Sharlto devait relever, insiste le réalisateur. Il lui fallait montrer cela sans avoir recours aux expressions de son visage puisqu'il a tout de suite été décidé que  Chappie n'aurait pas d'expressions faciales». Copley a donc étudié la façon dont évoluent enfants et adolescents pour pouvoir donner vie à son personnage. «Il a très vite mis au point une démarche très particulière, à la fois sautillante et chaloupée, qui me semble définir Chappie. Cela se situait entre le mime et la danse».

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Une postproduction aux petits oignons

Une fois le tournage terminé, Neill Blomkamp et ses collaborateurs ont transformé le comédien vêtu d'une jolie combinaison grise en robot qu'on a envie d'adopter. «C'était un travail de titan proche du cinéma d'animation que de dessiner Chappie sur les images de Sharlto mais rien n'aurait été possible sans sa création de base. Il a fait exister le personnage», dit Neill Blomkamp. Lors de la promotion du film, Copley reconnaissant portait un t-shirt sur lesquel il avait fait inscrire le nom des deux cents techniciens qui ont assuré sa métamorphose. «L'aspect humain est capital pour un film comme celui-ci, précise le réalisateur. Aucune technique ne peut remplacer l'acteur.» Le duo Chappie/Sharlto le démontre par l'exemple.