«Hungry Hearts»: Un instinct maternel dévorant

CINEMA Dans ce film atypique récompensé à Venise, un couple tente de survivre à la naissance de son bébé...

Caroline Vié

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Alba Rohrwacher dans Hungry Hearts
Alba Rohrwacher dans Hungry Hearts — D.R. /Bac films

Un jeune couple très amoureux voit sa vie commune basculer dans le cauchemar après la naissance de son premier enfant. Hungry Hearts de Saverio Costanzo commence comme une comédie romantique, par la rencontre du duo coincé dans les toilettes exiguës d'un restaurant new-yorkais, puis tourne progressivement au drame quand l'enfant paraît...

Un couple presque normal

S'inspirant d'un roman de Marco Franzoso, Costanzo saisit parfaitement la plongée dans la folie d'une maman tellement persuadée que son enfant est fragile qu'elle le protège de façon totalement déraisonnable. Histoire de ne pas sombrer dans le manichéisme, le cinéaste alterne les points de vue, déstabilisant le spectateur qui ne parvient à prendre parti. Si la mise en scène est parfois un brin chaloupée, c'est sans doute pour renforcer le malaise ressenti en découvrant ce couple presque ordinaire à la fois uni et séparé par son enfant.

Un merveilleux duo d'acteurs

Cette chronique doit aussi beaucoup à ses comédiens, justement récompensés pour leurs performances à la Mostra de Venise. Alba Rohrwacher, vue récemment dans Les merveilles, livre une composition vibrante en maman obsédée par la sécurité de son petit. Déjà dirigée par Saverio Costanzo dans La solitude des nombres premiers (2011), cette actrice épatante trouve l'équilibre parfait entre détermination et fragilité face à Adam Driver (découvert dans la série Girls). Les rapports explosifs entre ces parents paumés prennent aux tripes car le film ne cherche jamais à se rendre aimable.