Pourquoi «Birdman» a bien mérité ses Oscars

CINEMA Alejandro González Iñárritu et son «Birdman» n'ont pas volé les quatre statuettes qu'ils ont obtenues ce dimanche soir...

Caroline Vié

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Michael Keaton dans Birdman
Michael Keaton dans Birdman — 20th Century Fox

Découvert à la Semaine de la Critique de Cannes en 2000 avec Amours chiennes, Alejandro González Iñárritu vient de connaître la consécration hollywoodienne en remportant quatre Oscars (film, mise en scène, scénario, photographie) pour Birdman. Cette chronique brillante suit les aventures d'une star hollywoodienne sur le retour avec une pièce de théâtre montée à Broadway. 20 Minutes explique pourquoi ces récompenses sont largement méritées...

Un excellent «meilleur film»

Dès les premières images, la fascination opère. Michael Keaton, en lévitation dans la position du lotus, s'interroge sur sa condition d'acteur de films d'action connu du grand public pour avoir incarné le superhéros Birdman. Ce caractériel égocentrique rend son entourage chèvre en produisant une pièce à Broadway avec laquelle il espère convaincre le monde qu'il est un grand comédien.

>> Le bilan des Oscars c'est par-là

Un scénario inspiré

Jouant avec l'image de son acteur principal (qui incarna Batman chez Tim Burton), Alejandro González Iñárritu et ses coscénaristes évoluent entre réalisme et fantastique. La fantaisie de leur propos et l'humour des situations ne torpillent pas la gravité d'une réflexion sur la création et le métier d'acteur. La nouvelle de Raymond Carver dont s'inspire la pièce jouée par les héros apporte un supplément d'âme.

Une mise en scène vertigineuse

Le réalisateur de 21 grammes (2003) a choisi de tourner son film comme un long plan-séquence qui se déroulerait en temps réel. On a l'impression qu'il n'arrête pas sa caméra pendant toute la durée du film ce qui renforce l'impression d'immersion du spectateur dans la vie et la tête du héros. Il ne s'agit pas d'un exercice de style: le résultat, vertigineux, laisse le souffle coupé.

Une photographie admirable

Un an après avoir reçu l'Oscar pour Gravity d'Alfonso Cuaron, Emmanuel Lubezki récolte sa deuxième statuette. La splendeur d'images éclairant tour à tour Keaton, Naomi Watts, Edward Norton ou Emma Stone est d'autant plus remarquable qu'il a dû adapter ses éclairages au choix de mise en scène ambitieux d'Iñárritu. Sa virtuosité sait se faire discrète pour rendre le film visuellement époustouflant.