Cannes 2015: Le réalisateur de «Timbuktu» préside le jury de la Cinéfondation et des Courts métrages

FESTIVAL Le festival de Cannes a nommé Abderrahmane Sissako à la tête du jury de la Cinéfondation et des Courts métrages...

S.L.
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Abderrahmane Sissako, à Dijon, le 17 octobre 2014.
Abderrahmane Sissako, à Dijon, le 17 octobre 2014. — JC Tardivon/SIPA

C'était le film favori de la presse internationale l'an dernier. Présenté le premier jour de la compétition, Timbuktu a créé une émotion qui ne s'est pas dissipée pendant toute la durée du Festival de Cannes. Le réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako fera son retour cette année sur la Croisette, où, du 13 au 24 mai, il présidera le jury de la Cinéfondation et des Courts métrages.

>> Notre critique de Timbuktu par ici

D’origine mauritanienne, élevé au Mali et formé au cinéma en Union soviétique -au VGIK de Moscou-, Abderrahmane Sissako navigue entre les cultures et les continents, rappelle les organisateurs du festival de Cannes dans un communiqué. Son œuvre, humaniste et engagée, explore les relations complexes entre le Nord et le Sud autant que le destin d’une Afrique malmenée.

Un habitué de la Croisette

Sissako est un habitué de la Croisette. «Cannes me donne l’impression de faire partie d’un monde et pas que celui du cinéma, celui de la diversité internationale», confiait-il l'an dernier à 20Minutes. La Semaine de la Critique présente son film de fin d'étude, Le Jeu, en 1991. Deux ans plus tard, son moyen métrage Octobre est sélectionné à Un Certain Regard. La Vie sur Terre et En attendant le bonheur, respectivement à la Quinzaine des Réalisateurs en 1998 et à Un Certain Regard en 2002, l’imposent définitivement sur la scène internationale.

Parabole politique entre colère et utopie, Bamako, présenté Hors Compétition en 2006, précède Timbuktu, en compétition en 2014. Ce vibrant plaidoyer romanesque contre l’intégrisme religieux est la première œuvre mauritanienne en lice pour l’Oscar du meilleur film étranger.

Après Kiarostami, Gondry et Scorsese

Aux funestes résonances de l’actualité, le cinéaste africain choisit d’opposer la force de l’art et sa conviction. «Je n’aime pas employer le mot "dénonciation", mais je trouve important que me film soit vu par le plus grand nombre de gens en raison du sujet qu’il aborde», disait-il à 20Minutes. L’extrêmisme religieux et la violence qu’il engendre, notamment envers les femmes, prend dans son film des allures absurdes lors d’un match de football improvisé sans ballon après que le sport a été purement et simplement interdit par les djihadistes. «J’aime les changements de ton car lorsque vous parlez à quelqu’un de façon monocorde, il se lasse et ne vous écoute plus».

Abderrahmane Sissako succède à Abbas Kiarostami, Jane Campion, Michel Gondry, Hou Hsiao-hsien ou Martin Scorsese dans ce rôle de président du Jury de la Cinéfondation et des Courts métrages. Avec quatre autres personnalités du monde des arts, ils décernent trois prix parmi les films d’écoles de cinéma de la sélection Cinéfondation ainsi que la Palme d’or du Court métrage, remise lors de la cérémonie de clôture du Festival, dimanche 24 mai.