«Things people do»: Dans la peau d'un chômeur longue durée

CINEMA Ce premier film émouvant a obtenu le prix du 40e anniversaire au Festival du Deauville...

Caroline Vié
Things people do
Things people do — Chrysalis Films

Saar Klein plonge en apnée dans le monde sans pitié du chômage avec Things people do, thriller sur un père de famille soudainement congédié qui se lance dans une nouvelle carrière de braqueur pour subvenir aux besoins des siens.

Laisser le temps au temps

Le réalisateur, qui fut monteur pour Terrence Malick et Doug Liman, emprunte aux codes du cinéma de genre pour livrer une fable sociale poignante. Il laisse le temps au temps afin de mieux décrire les rapports entre des personnages balayés par la crise au point de voir leurs valeurs emportées comme des chaparrals, ces boules végétales traversant les rues désertes dans les villes de western. «Il n’y a ni péché, ni mauvaises actions, juste ce que font les gens», dit le flic campé par Jason Isaac dans une réplique qui donne son titre et sa philosophie au film. Chacun tente de survivre à sa façon, du mieux qu'il peut dans un monde impitoyable.



Un acteur à redécouvrir

Wes Bentley, découvert dans American Beauty (1999) et vu récemment dans Interstellar, donne un relief exceptionnel à un portrait d'un homme ordinaire refusant de céder à l'adversité au risque de tout perdre dans ses aventures. Ce garçon ordinaire poussé au crime et au mensonge par désespoir torpille le rêve américain. C'est pourtant au film français L'emploi du temps (Laurent Cantet, 2001) et à son chômeur cachant à ses proches qu'il a été licencié que l'on pense devant cette fable cruelle qui a remporté le prix du 40e anniversaire au Festival de Deauville. La crise ne connaît pas de frontière, ni de nationalité.