Sexisme au cinéma: Le coup de gueule de Virginie Despentes

CINEMA L'auteur de Baise moi a publié un texte où elle dénonce l'omniprésence des hommes dans l'industrie cinématographique et la représentation des femmes au cinéma...

Anne Demoulin
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L'écrivain, réalisatrice et scénariste Virginie Despentes.
L'écrivain, réalisatrice et scénariste Virginie Despentes. — SIMON ISABELLE/SIPA

Quelle place a la femme dans l’industrie cinématographique et sur le grand écran? «Le cinéma est une industrie qui n'est pas interdite aux femmes. Mais c'est une industrie inventée, manipulée et contrôlée par des hommes », répond l’auteur et réalisatrice Virginie Despentes, dans un texte publié au sein du programme des 15es Journées cinématographiques dionysiennes, organisées par le cinéma L'Ecran de Saint-Denis, qui s’est terminé ce mardi. Une édition placée sous le thème «Femmes, femmes».

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L’industrie cinématographique, un monde d’hommes

La première lauréate du prix Anaïs-Nin estime que ce sont  «les hommes qui font le cinéma»: et rappelle le «genre des producteurs de films grand public, des responsables du financement cinéma dans les chaînes télé, des directeurs des grands réseaux de distribution, des directeurs des grands festivals de cinéma, des programmateurs de salle, des critiques cinéma ou des réalisateurs primés dans les grandes compétitions».

Un cinquième des films sont réalisés par des femmes en France, mais le projet est validé par des hommes et ces «femmes réalisent plutôt des films à petits budgets». L’auteur déplore aussi l’absence de femmes dans les festivals de cinéma.

La représentation de la femme au cinéma

Selon la réalisatrice et scénariste, le cinéma est une «fabrique du genre». «Cherchez une femme dans les films qui lise un journal… bonne chance! [...] Si une femme est en train de faire le ménage chez elle, c'est juste que le scénariste ne savait pas trop quoi lui faire faire pour l'occuper, si un homme nettoie quelque chose chez lui, vous pouvez être sûr que la scène a un sens précis», détaille-t-elle encore.

 «Le sexe frontal, désormais, on évite - mais la nudité de la femme, on s'est arrangé pour la conserver», dénonce encore Virginie Despentes

L'auteur d'Apocalypse Bébé mentionne le test Bechdel qui vise à démontrer par l'absurde à quel point certaines œuvres sont centrées sur le genre masculin. La plupart des films y échouent. Elle estime donc que «la femme reste un adjectif qualificatif dans une phrase où l'homme joue le verbe».