«It Follows»: Le film d'horreur qui fait aussi peur aux adultes

CINEMA «It Follows», qui vient de remporter le Grand Prix et le prix de la Critique à Gérardmer, fait vraiment trembler...

Caroline Vié

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Maika Monroe dans It Follows
Maika Monroe dans It Follows — Metropolitan Filmexport

Imaginez que, comme le héros de It Follows vous soyez suivi en permanence par une entité désireuse de vous croquer. Ces zombies capables de prendre l'apparence d'êtres humains avancent inexorablement vers vous...

De l'enfance à l'âge adulte

«A une époque où les films d'horreur sont conçus pour les adolescents, j'ai décidé de jouer sur une peur primaire: le monstre indestructible que l'on est seul à voir, une réminiscence du Croquemitaine de l'enfance», explique David Robert Mitchell qui vient de remporter le Grand prix et prix de la Presse au Festival de Gérardmer après avoir été découvert à la Semaine de la Critique de Cannes. C'est un jeune homme qui se retrouve pris dans l'engrenage de cette terrible malédiction après une aventure sexuelle. «Mon film n'est pas puritain, prévient le cinéaste, le sexe était une façon de me raccrocher à l'âge adulte !»

Influencé par La nuit des morts-vivants (George A. Romero, 1968), Black Hole, comic de Charles Burns et la filmographie de John Carpenter, le réalisateur de The Myth of the American sleepover (2010, édité en DVD chez Metropolitan Filmexport) signe une œuvre personnelle et angoissante. «Rien ne fait plus peur que l'intrusion du fantastique dans la vie quotidienne parce que tout le monde peut se sentir visé», dit-il. La paranoïa qui s'empare d'un héros menacé jusque dans les circonstances les plus naturelles de sa vie (séance de cinéma, promenade) se communique au spectateur qui se sent, comme lui, vraiment suivi. Au point de sortir de la salle en regardant par-dessus leur épaule.