«Imitation Game» honore le génie de l'inventeur Alan Turing

CINEMA Benedict Cumberbatch incarne Alan Turing, inventeur surdoué au destin tragique....

Caroline Vié

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Benedict Cumberbatch dans Imitation Game
Benedict Cumberbatch dans Imitation Game — SquareOne Entertainment/Studio Canal

Alan Turing (1912-1954), vous connaissez? Peut-être pas et pourtant ce scientifique brillant a changé nos existences en créant l'ancêtre de l'ordinateur et en aidant les alliés à gagner la Seconde Guerre mondiale. Imitation Game de Morten Tyldum rend un hommage mérité à ce grand bonhomme dont on découvre les joies scientifiques et les douleurs intimes.

Le syndrome de Turing

Avant ce biopic, deux ouvrages, le touffu Alan Turing, l'énigme (Andrew Hodges, Ed. Michel Lafon) et le passionnant L'homme qui en savait trop (Laurent Alexandre/David Angevin, Ed. Robert Laffont) ont levé le voile sur la vie de ce génie trop peu honoré. «Ce héros de guerre a inventé́ l’ordinateur, a été poursuivi en raison de son homosexualité et a fini par se suicider. Chacun de ces éléments pourrait faire l’objet d’un film à part entière», explique le scénariste Graham Moore. Ce sont les excuses du premier ministre Gordon Brown pour la façon dont Turing a été traité par le gouvernement qui ont finalement lancé le projet du film en 2009.

Alan réincarné

«Cette histoire nous rappelle combien il est important d’avoir des gens qui pensent différemment», martèle Morten Tyldum, ravi d'avoir pu confier ce personnage exceptionnel à un comédien qui ne l'est pas moins. Benedict Cumberbatch, héros de la série «Sherlock», porte le film sur ses épaules. «Rares sont ceux qui peuvent interpréter le rôle d’un génie et être crédibles. Il exprime une telle intensité qu’on a l’impression qu’il ne fait plus qu’un avec Alan Turing, et on n’a aucun mal à croire qu’il est à l'origine de ces idées incroyables», dit le cinéaste. L'acteur épatant est cité à l'Oscar tandis que le film est aussi en lice pour sept statuettes.

Croquer la pomme

Imitation Game insiste sur le travail de Turing alors qu'il tente de percer le secret du code Enigma avec lequel les Allemands cryptaient leurs messages pendant la Seconde Guerre mondiale. «C'était quelqu’un de très concentré qui s’enfermait souvent dans son univers, dans ses schémas de pensée, ce qui le conduisait à agir de manière excentrique», dit Benedict Cumberbatch. Son côté asocial est contrebalancé par son amitié avec la scientifique Joan Clarke (excellente Keira Knigthley) qui le suivra jusqu’à la fin tragique de sa vie. La pomme empoisonnée au cyanure qu'il a croquée en 1954 lui aurait survécu en inspirant le logo d'une célèbre firme informatique...