«Foxcatcher» nous plonge dans les failles de l'Amérique

CINEMA Mark Ruffalo revient sur «Foxcatcher», thriller autour d'un fait divers des années 1990...

Caroline Vié

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Channing Tatum et Mark Ruffalo dans Foxcatcher
Channing Tatum et Mark Ruffalo dans Foxcatcher — Mars films

Couronné par un prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, Foxcatcher confirme le talent de Bennett Miller pour plonger dans les failles de l'Amérique afin de les révéler. Le réalisateur de Truman Capote (2005) et du Stratège (2011) revient cette fois sur un fait-divers du milieu des années 1990. «John Du Pont était un milliardaire très en vue. Ce qu'il a fait subir à David Schlutlz, que j'incarne, a créé une véritable onde de choc. Personne ne s'attendait à ça», explique Mark Ruffalo.

Un regard clinique sur l'affaire

L'acteur, qui campa l'un des enquêteurs de Zodiac (2007) pour David Fincher, ne cache pas son intérêt pour les affaires criminelles. «Elles sont riches en enseignements sur la nature humaine dont elles révèlent, comme sous un microscope, la nature sombre», raconte Ruffalo. Chargé d'aider son frère lutteur incarné par Channing Tatum au meilleur de sa forme, il voit leur commanditaire sombrer petit à petit dans la paranoïa et la folie homicide. «Steve Carrell est ahurissant dans le rôle de Du Pont. Il arrivait qu'il me fasse peur sur le plateau alors que c'est un type adorable dans la vie».

Une pluie de nominations

Tout comme Mark Ruffalo, Carrell, découvert dans des comédies telles 40 ans, toujours puceau (2005) est cité l'Oscar en même temps que le réalisateur et le scénario. «Je pense que cette histoire parle aux gens parce que la folie est un concept universel. On peut dénicher une part de chacun d'entre nous dans ces personnages.» Le talent de ces grands comédiens n'est pas pour rien dans le processus d'identification du spectateur.