Kassovitz parle de «La Haine 2» et des attentats

CINEMA Le réalisateur serait prêt à tourner la suite de son film mythique...

J.M.

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Matthieu Kassovitz, le 15 janvier 2015, à Radio France, à Paris.
Matthieu Kassovitz, le 15 janvier 2015, à Radio France, à Paris. — Franfce Inter / Capture d'écran / Dailymotion

Oui, il se sent prêt à tourner La Haine 2, en sortant du studio de France Inter, a déclaré Mathieu Kassovitz ce jeudi. Invité par Léa Salamé dans la matinale de la radio de service public, le réalisateur du film sur les banlieues La Haine (1995) a aussi partagé le désarroi qui l'étreignait depuis les attaques terroristes qui ont visé Juifs, policiers et l'équipe de Charlie Hebdo

«Est-ce qu’on défend nos convictions au quotidien?»

S'il a participé à la marche républicaine de dimanche, à Paris, c'est en l'honneur de ces dessinateurs: «J’y suis allé parce que j’aimais Cabu, j’ai grandi avec lui, parce que Wolinski a fait ma jeunesse et que je voulais leur rendre hommage». Toutefois il déclare s’être senti «un peu perdu avec tous ces gens qui se réclamaient Charlie.» Il s'interroge: «Que fait-on à part dire qu’on se sent Charlie pour faire avancer les choses? Est-ce qu’on défend nos convictions au quotidien?» Il regrette aussi que les gens aient manifesté avec les politiques: «On aurait dû être avec nos amis musulmans.»

«Ces derniers temps, leurs couvertures ne me faisaient pas rire»

De plus, Mathieu Kassovitz prend quelques distances avec l'hebdomadaire satirique. Le dernier numéro porte en couverture «une jolie représentation du prophète, qui n’est pas vulgaire. Elle est assez poétique.» Mais il reconnaît: «Ces derniers temps, leurs couvertures ne me faisaient pas rire, je ne vois pas l’intérêt de provoquer, de partir juste pour dire qu’on a le droit de le faire. Mais le fait qu’ils soient morts pour ça en fait des héros.»

Ecouter #JesuisKouachi

Au sujet des jeunes qui ont posté des tweets avec le hashtag #JesuisKouachi, il explique qu'il faut les écouter:« C’est terrible à dire mais ce qu’il faut donner à nos pires ennemis, c’est du respect. On ne pourra jamais résoudre le problème si on tape sur des gens qui nous tapent dessus.» Enfin Mathieu Kassovitz comprend que les Juifs attaqués «aient peur». Mais il ne pense pas qu’on soit « dans un pays antisémite ni islamophobe, ni fondamentalement raciste. On est conditionnés par les politiques et les médias.»