«Souvenirs de Marnie»: L'ultime chef-d'œuvre du studio Ghibli est un enchantement

CINEMA Cette belle histoire d'amour nostalgique est annoncée comme le dernier long-métrage produit par le studio japonais...

De notre envoyée spéciale à Mitaka, Caroline Vié

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Souvenirs de Marnie
Souvenirs de Marnie — Walt Disney Company, France

C'est avec un bonheur mêlé de tristesse que l'amoureux du studio Ghibli découvre Souvenirs de Marnie d'Hiromasa Yonebayashi. Une joie céleste car cette histoire d'amitié entre une gamine solitaire et une étrange petite fille occidentale est une merveille de poésie. Une tristesse infinie parce que film signé par le réalisateur d'Arrietty, le petit monde des chapardeurs  (2010) est le dernier long-métrage de ce lieu magique co-fondé en 1985 par Hayao Miyazaki et Hideo Takahata.

La fin d'une époque

«Ce n'est pas pour cela que mon film est nostalgique, précise Yonebayashi-san dans le studio déjà presque désert. Je ne pouvais pas me permettre de penser qu'il allait marquer la fin d'une époque car cela m'aurait donné une pression épouvantable». Le réalisateur est un fidèle de Ghibli depuis qu'il a réalisé en 2002 un court-métrage pour le musée sous la férule de Miyazaki-san en personne.

>> Notre reportage au musée Ghibli dans la banlieue de Tokyo à relire par ici

Inspiré d'un classique de la littérature anglaise de Joan G. Robinson, Souvenirs de Marnie retrouve ce qui fait la magie des productions de la maison: personnages féminins forts, paysages envoûtants et intrusion du fantastique dans la vie quotidienne.

Une histoire de filles

«J'ai voulu raconter l'histoire de deux adolescentes isolées du monde pour différentes raisons, explique le cinéaste. Elles m'ont touché par ce qu'elles ont de force et de faiblesse à un âge où on commence à devenir adulte». Anna se perd dans ses cahiers de dessin pour cacher sa détresse de fillette adoptée et malade. Marnie se réfugie dans la nature pour fuir une gouvernante brutale. «Leur rencontre hors du temps permettra à chacune de trouver la paix à sa façon. Leurs aventures ont un côté mélancolique mais elles débouchent sur un dénouement positif». Ces aventures féminines toutes en délicatesse emportent le spectateur dans un Japon magique et fantasmé.

Dans la tradition Ghibli

Hayao Miyazaki n'a présidé que de loin à la création de ce film si proche de son travail. «Il était très occupé à terminer Le vent se lève, dit Yonebayashi-san, mais son soutien m'a été précieux». Marnie la blonde et Anna la brune s'inscrivent dans la tradition des héroïnes du studio qui, telles Chihiro, Nausicaä, Ponyo ou Mononoké, font montre de caractères bien trempés. «J'ai épousé cette tradition avec bonheur car je suis ravi de donner des modèles aux jeunes filles d'aujourd'hui. J'aime l'idée qu'elles pourront se forger une nature aussi indépendante qu'Anna et Marnie!» Ce duo enchanteur clôt en beauté l'aventure en long-métrage du studio.