«A Girl Walks Home at Night»: L'histoire étrange d'une vampire en tchador

CINEMA Ce film fantastique féministe a obtenu le prix de la Révélation Cartier au Festival de Deauville...

Caroline Vié
Sheila Vand dans A girl walks home alone at night
Sheila Vand dans A girl walks home alone at night — Pretty picture

Dans une cité fictive et mortifère, une jeune femme en tchador se nourrit de sang frais. A Girl Walks Home Alone at Night, remarqué à Sundance et à Deauville, où il a remporté le prix Révélation Cartier, ensorcelle dès ses premières images comme un poème macabre dans un superbe noir et blanc.

Une coproduction multiculturelle

Entre film d'horreur et conte rock 'n' roll, Ana Lily Armirpour signe un premier long-métrage atypique dans lequel le sorcier Jim Jarmusch semble avoir mordu à belles dents. Cette fable tournée en farsi et bourrée de références cinéphiliques est hors du commun à plus d'un titre. Cette coproduction américano-iranienne empreinte tout autant à l'expressionnisme allemand qu'au western italien et au polar hollywoodien des années 1950. Une bande-son époustouflante achève d'emporter le spectateur dans un monde original, sombre et sensuel à la fois.



A grands coups de canines

Sheila Vand, énigmatique et inquiétante, décime des êtres peu recommandables - souteneur, dealer, drogué - à grands coups de canines, mais peut remettre un gamin sur le droit chemin sans toucher à son cou. Cette étrange féministe, qui rentre seule chez elle la nuit, a la beauté du diable et la puissance d'un ange de la vengeance. Dangereuse et fascinante, elle devrait aussi devenir l'héroïne d'un roman graphique signé par la réalisatrice. On a hâte de suivre ses prochaines aventures sur papier.