«Les Nouveaux Sauvages»: Trois raisons de découvrir cette comédie féroce

CINÉMA L'Argentin Damián Szifrón signe un film à sketches vachard et hilarant, qui fait du bien en faisant mal...

Caroline Vié

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Les nouveaux sauvages
Les nouveaux sauvages — Warner Bros

Tout le monde peut péter un câble face à une situation précise: c'est de ce postulat qu'est parti Damián Szifrón pour Les Nouveaux Sauvages, présenté en compétition lors du dernier Festival de Cannes. Une poignée d'histoires vachardes entraînent successivement le spectateur à bord d'un avion, à la fourrière, dans un restaurant, sur la route, dans un mariage C'est drôle, méchant et réjouissant.  En compagnie de son réalisateur, 20 minutes explique pourquoi cette comédie mordante produite par Pedro Almodóvar constitue un divertissement idéal en cette période troublée.

1. C'est de la fiction

Les saynètes que filme le réalisateur argentin tournent parfois au Grand Guignol en montrant des aspects peu reluisants de la nature humaine, mais les gags sont si volontairement exagérés qu'on ne peut prendre l'ensemble que pour une fable éloignée de toute réalité.

«Il ne faut pas prendre mon film au sérieux, explique le cinéaste. J'ai juste poussé le bouchon aussi loin que possible, en partant de situations que tout le monde a plus ou moins pu connaître dans sa vie. Je pense que c'est pour cela que le film fonctionne en dehors de l'Argentine. Je touche à des pulsions universelles.»

2. On s'identifie aux personnages

Bien évidemment, aucun spectateur n'ira aussi loin que les héros du film pour assouvir sa fureur devant les injustices du quotidien... Mais, franchement, c'est un vrai bonheur de voir d'autres gens le faire sur l'écran et nous venger par procuration.

«Je me suis défoulé, car je suis chacun des personnages en général et aucun d'eux en particulier. Quelquefois, on aimerait bien pouvoir prendre sa revanche sur les petites mesquineries des autres, mais on a bien heureusement un filtre, qui nous en empêche et que j'ai fait sauter dans mes scénarios.»

3. Les histoires sont variées

Un film à sketches permet de varier les plaisirs et de jongler avec les genres. Polar, comédie de mœurs ou film catastrophe ont excité la verve créatrice de Damián Szifrón, cinéaste cinéphile, dont les nombreuses références ajoutent au plaisir du spectateur.

«J'ai évidemment pensé à Dino Risi et à ses Monstres (1963), mais ma cinéphilie est très éclectique. J'ai songé à un tas de réalisateurs différents, comme les frères Coen, Steven Spielberg, Robert Altman, mais aussi à des séries télévisées comme La Quatrième Dimension. J'espère que ce mélange donne quelque chose d'original et de ludique.»