VIDEO. «Nymphomaniac» sort en DVD dans la version que Lars von Trier avait imaginée

VERSION LONGUE La Director's cut de «Nymphomaniac», qui sort ce mardi en DVD, gagne en longueur et en cohérence, même si les scènes de sexes ne sont ni forcément plus longues, ni beaucoup plus nombreuses...

Stéphane Leblanc

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Photo extraite d'une séquence de Nymphomaniac Director's Cut
Photo extraite d'une séquence de Nymphomaniac Director's Cut — Christian Geisnaes

Plus c'est long, plus c'est bon. Mais en dehors de la durée, 5h30 contre 4h, qu'est-ce qui fait la différence entre la version Director's cut éditée ce mardi en vidéo et la version cinéma sortie l'an dernier?

C'est la version voulue par Lars von Trier

«Le film de Lars von Trier, c'est cette version «director's cut», explique à 20Minutes la productrice française du film, Marianne Slot. «Il était de notre devoir de lui permettre de faire le film qu'il voulait. Mais il a toujours été clair qu'à partir du moment où le film coûte neuf millions d'euros, il fallait trouver le moyen de respecter nos engagements juridiques et financiers vis-à-vis des pays coproducteurs.» D'où l'idée d'élaborer en parallèle une version dite «censurée», conçue en fait par les différents coproducteurs du film. «On a toujours veillé à préserver l’indépendance créatrice de Lars von Trier, affirme Marianne Slot. Mais on a aussi réussi à faire une version susceptible de sortir dans la plupart des territoires.» 

Plus c'est long, plus c'est bon

La longueur donne plus de cohérence au montage. «On voit mieux se dessiner les enjeux entre les personnages», analyse Philippe Rouyer, critique de la revue Positif, dans les bonus du coffret de la «Director's cut». Le critique prend pour exemple la rencontre au début du film entre Charlotte Gainsbourg et Stellan Skarsgard, quand Joe parle de sa «chatte» en l'appelant sa «boîte de Pandore». Cette boîte de la mythologie, «que l'on vide et à la fin il ne reste plus que la solitude et la désolation, c'est un peu ça que raconte le film», s'enthousiasme Philippe Rouyer. Mais il y a aussi des plans qu'on ne trouvait pas dans la première version. Des digressions autour des hélicoptères et des planeurs. Et d'autres scènes plus essentielles pour comprendre la psyché des personnages. 

Potemkine, l'éditeur du DVD, nous a confié l'une d'elle en exclusivité, dont l'action se déroule au cours d'une thérapie de groupe pour femmes nymphomanes.

Plus de sexe en plans larges

«Nymphomaniac n'est pas un film porno, rappelle Marianne Slot. Ce film n'a pas les codes du porno». Il y a en tout cas plus de scènes explicites. Philippe Rouyer évoque «un cunnilingus filmé de plus près» dans la version longue, ou une pénétration vag'inale filmée dans le train «qui dure top chrono 4 secondes». Rien à voir avec un porno où la scène durerait cinq minutes et «aspirerait tout le discours autour». «Lars von Trier utilise le hard à des fins cinématographiques», défend Philippe Rouyer. Et son recours aux plans larges, dans la Director's cut, «permet au spectateur de croire que ce sont les personnages qui font l'amour». Même si ce ne sont jamais les stars du film eux-mêmes, un effet spécial permettant de mêler aux visages des comédiens le bas du corps d'acteurs pornos.