Le rendez-vous raté de Benoît Poelvoorde et Xavier Beauvois pour «La rançon de la gloire»

CINEMA Le première tentative comique du réalisateur de «Des hommes et des dieux» tombe à plat...

Caroline Vié

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Roschdy Zem et Benoît Poelvoorde dans La rançon de la gloire
Roschdy Zem et Benoît Poelvoorde dans La rançon de la gloire — Mars Distribution

Sur le papier, le projet faisait saliver: la rencontre entre Benoît Poelvoorde, Roschdy Zem et Xavier Beauvois devait donner un grand film. Las, La rançon de la gloire est loin de correspondre à la somme de leurs talents. Après le triomphe de Des hommes et des dieux (2011), le réalisateur s'est laissé tenter par la comédie et les aventures, tirées d'un fait divers des années 1970, de deux bras cassés qui ont volé le cercueil de Charlie Chaplin pour demander une rançon à sa famille.

Changement de registre (s)

On peut certes tirer admirer Xavier Beauvois d'avoir tenté une nouvelle expérience en rendant hommage à un grand maître du cinéma dont il aimerait visiblement retrouver le sens de l'humour tendre et la poésie. On le sent cependant peu à l'aise dans ces registres car ces deux ingrédients sont cruellement absents d'une intrigue asthmatique à laquelle les comédiens, toujours impeccables, tentent vainement de faire du bouche-à-bouche dans l'espoir de la faire décoller.

Une superbe partition

Seul Michel Legrand semble vraiment s'être amusé comme un petit fou. La scène de l'exhumation prend une dimension burlesque grâce à sa partition tendrement farfelue. On pense à celles de Chaplin (notamment Les feux de la rampe) en se laissant prendre par sa musique. Ne serait-ce que pour cela et pour quelques scènes fulgurantes entre les deux acteurs, La rançon de la gloire n'est pas un mauvais film. Il se révèle juste décevant dans la filmographie d'un réalisateur qui avait habitué le public à une plus grande rigueur.