Cinq bonnes raisons d'aller voir «Hard Day», polar sud-coréen délirant

CINEMA Ce thriller mené tambour battant pratique un humour noir décomplexé et réjouissant...

Caroline Vié
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Hard Day
Hard Day — Bodega Films

Le réalisateur sud-coréen Kim Seong-hun est très clair: «Avec Hard Day, j'ai voulu réaliser un film imprévisible». Il y est parvenu au-delà de ses espérances. Ce franc délire autour du calvaire d'un flic corrompu louvoyant entre malfrats et collègues pour tenter de sauver sa peau après un accident de voiture possède cinq qualités essentielles...

1. Un rythme d'enfer

Ce petit bijou d'humour noir présenté à la Quinzaine des réalisateurs cette année n'y va pas par quatre chemins. Dès les premières images, le spectateur est pris aux tripes par la fuite en avant d'un ripoux d'anthnalogie qui accumule tellement les catastrophes qu'il en deviendrait presque sympathique malgré son âme sombre comme le canon d'un gros calibre.



2. Des influences bien digérées

Mélangeant les genres entre The Host (Bong Joon-ho, 2006) et le ton décalé de certains films des frères Coen, ce polar brutal et parfois gore emprunte aussi au cartoon notamment quand un énorme container écraser un témoin gênant. On a presque l'impression d'assister une dessin animé en prises de vues réelles tant l'ensemble est rocambolesque.

3. Des flics vraiment pas comme les autres

Si le réalisateur prétend ne pas avoir voulu dénoncer la corruption de la police, il n'en donne pas une image très reluisante. Entre les crétins et les ripoux, les gangsters ont les coudées franches ce qui rend les aventures du héros encore plus délirantes quand il ne sait plus qui, de ses collègues ou des mafieux, est le plus dangereux. Sa peau ne vaut vraiment pas cher...

4. Des décors bien exploités

Routes désertes, paysages sinistres et autres appartements microscopiques sont finement exploités par un scénario malin. L'une des scènes les plus marquantes se déroule cependant dans un funérarium où le héros est contraint de se livrer à toutes sortes de manipulations rocambolesques sur le cercueil de sa mère afin de cacher puis de récupérer un téléphone.

5. Le triomphe du politiquement incorrect

Si la violence de certains passages à tabac réserve le film à un public aguerri, il ne faut pas le prendre trop au sérieux. Sa conclusion en forme de pied de nez balaye les codes du politiquement correct avec une énergie réjouissante. On sort de la salle avec le grand sourire d'un sale gamin qui vient de mettre du poil à gratter sur le siège d'un raseur.