Sony Pictures: D'autres films menacés avant «L’interview qui tue»

CINEMA De «Nuit et brouillard» à «Borat», ce n'est pas la première fois qu'un film fait réagir des Etats. Mais de là à faire annuler sa sortie, c'est du jamais vu...   

Caroline Vié

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L'interview qui tue avec Seth Rogen et James Franco
L'interview qui tue avec Seth Rogen et James Franco — Sony pictures

Sony Pictures renonce à distribuer L'interview qui tue, comédie dans laquelle des journalistes tentent d'assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avec la complicité de la CIA. Craignant des représailles de la Corée du Nord, la firme a décidé d'annuler dans le monde entier la sortie de ce film avec James Franco et Seth Rogen.

Hollywood, l'usine à rêve familière des polémiques

Des compagnies hollywoodiennes ont déjà dû composer avec des Etats mécontents. Le Kazakhstan avait peu apprécié l'humour de Sacha Baron Coen pour Borat! (2006) qui montrait le pays et ses ressortissants sous un jour désastreux. En 2012, c'est Zero Dark Thirty (2012) de Kathryn Bigelow qui a déclenché les foudres de certains politiciens et votants aux Oscars en s'indignant de la façon dont la réalisatrice y décrit la torture de prisonniers pendant la traque d’Oussama Ben Laden. C'est cependant la première fois qu'une firme américaine renonce à distribuer un film quelques jours avant sa sortie initialement prévue pour Noël aux Etats-Unis et pour le 11 février en France.

Une décision sans précédent

«Il n'y a pas vraiment de précédent, dit Christophe Triollet, créateur du blog Darkness Fanzine consacré à l'actualité de la censure au cinéma. Ce qui s'en rapproche le plus est la demande des autorités allemandes de retirer Nuit et Brouillard de la sélection du Festival de Cannes en 1955». Le documentaire d'Alain Resnais sur les camps de concentration avait alors été diffusé hors compétition pour favoriser la réconciliation franco-allemande. Au Qatar, au Bahreïn et aux Émirats Arabes Unis, des menaces ont été aussi formulées contre Noé de Daran Aronofsky en avril dernier, mais sans empêcher la fresque biblique d'être distribuée dans d'autres pays. Sur les réseaux sociaux, des cinéphiles demandent que L'interview qui tue soit diffusé sur le web, ce qui serait une bonne façon de faire pied de nez aux terroristes. Mais Sony a annoncé qu'il ne distribuerait pas non plus le film en VOD.