«Charlie’s Country»: A la découverte d'un grand acteur aborigène

CINEMA L'acteur aborigène David Gulpilil a été récompensé par le prix Un certain regard du Festival de Cannes...

Caroline Vié

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David Gulpilil dansCharlie's Country
David Gulpilil dansCharlie's Country — Nour films

Le premier prix de sa carrière, David Gupilil l'a obtenu à Cannes cette année: meilleur acteur pour le film, Charlie's Country de Rolf de Heer, sélectionné au Certain regard. Ce grand comédien aborigène incarne un homme déchiré entre tradition et modernité, un personnage qui lui ressemble.

Le film de la dernière chance

Le réalisateur de Bad Boy Bubby (1993) et de Ten Canoes (2009) offre son plus beau rôle à ce comédien qu'on avait découvert dans La dernière vague (1977) de Peter Weir et qui n'avait plus tourné de film depuis Australia (2008) de Baz Lhurmann. C'est après avoir appris qu'il était en prison que Rolf de Heer a décidé d'écrire ce film pour lui. «Depuis sa jeunesse, David lutte contre le démon de l'alcool, raconte le cinéaste. Son emprisonnement lui a sans doute sauvé la vie». Pour aider son ami, qui souhaitait par-dessus tout faire un dernier film, Rolf de Heer a mis en chantier ce projet, entièrement basé sur lui. «Il était fragile et déprimé. Je me suis dit que c'était peut-être la seule chose que je pouvais faire pour lui, que cela lui redonnerait peut-être le goût de la vie, la confiance en lui-même».

Une création à quatre mains

Dès la sortie de prison de David Gulpilil, les deux hommes sont partis pour le parc national de Kakadu vivant des expériences très fortes au cours de leurs recherches de lieux de tournage. «Nous avons retrouvé l'endroit où David est né il y a 60 ans et il a rejoué l'histoire de sa naissance», se souvient Rolf de Heer. Si le comédien est au centre du récit, Charlie's Country n'est cependant pas un documentaire. Le vrai Gulpilil n'a notamment jamais choisi de vivre à l'ancienne, mais le réalisateur s'est inspiré de ce qu'il connaissait de son ami pour créer son héros tout en lui laissant une grande liberté de jeu. «J'ai choisi de ne pas écrire de dialogues pour que David puisse choisir de parler sa propre langue ou l'anglais». Espérons que ce beau film généreux aura remis ce formidable acteur sur le chemin des plateaux.