«La belle jeunesse» plonge dans les eaux glacées de la crise espagnole

CINEMA On peut ne pas aimer, mais cette chronique d'un jeune couple en plein marasme financier marque durablement par son âpreté...

Caroline Vié

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La belle jeunesse
La belle jeunesse — Bodega Films

Quel film étonnant que La belle jeunesse, présenté au Certain regard du Festival de CannesJaime Rosales, réalisateur espagnol notamment remarqué avec La Soledad (2007) y décrit la vie d'un couple frappé de plein fouet par la crise économique et tentant de survivre au jour le jour en préservant son amour.

Des choix radicaux

Si 80% du film a été tourné en 16 mm, le réalisateur a aussi inclus des images prises sur le vif par les acteurs avec leurs téléphones portables et autres appareils amateurs. Le résultat, d'abord déroutant, finit par rendre le spectateur plus proche de personnages maltraités par la vie et la société. Malgré un aspect poseur un peu irritant, La belle jeunesse recèle suffisamment d'énergie et de sincérité pour remporter l'adhésion. Jaime Rosales ne cherche pas à plaire, mais c'est justement ce côté résolument mal aimable qui rend son cinéma intéressant. On peut détester certains de ses partis pris, mais il est difficile de rester indifférent devant ses tranches de vie coupées au scalpel.