«Qu’Allah bénisse la France»: Le rappeur Abd-Al Malik signe une autobiographie revigorante

CINEMA La star du rap offre un film coup de poing en forme de réponse optimiste à «La Haine» de Mathieu Kassovitz...

Caroline Vié

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Marc Zinga dans Qu'Allah bénisse la France
Marc Zinga dans Qu'Allah bénisse la France — Ad Vitam

Abd Al Malik aurait-il tous les talents? Après le roman L'islam au secours de la République paru l'an dernier chez Flammarion, le rappeur s'essaye à la réalisation en adaptant Qu'Allah bénisse la France, son autobiographie publiée aux éditions Albin Michel. Il est impossible de ne pas penser à La Haine (1995) devant cette chronique en noir et blanc filmée comme dans l'urgence. Loin de la fable nihiliste de Mathieu Kassovitz, il offre une œuvre gorgée d'espoir et de valeurs morales, photographiée par Pierre Haïm, le chef opérateur de La Haine.

Entre délinquance et études

C'est un Marc Zinga magnétique qui se glisse dans la peau de ce gamin noir élevé par sa mère catholiqiue dans une cité strasbourgeoise. «Je désespérai de trouver celui qui allait incarner mon rôle quand je suis tombé sur un téléfilm sur Bob Denard où il jouait le président Mobutu. Il était phénoménal», se souvient le réalisateur. Le comédien surprend constamment par sa justesse en gamin brillamment intelligent déchiré entre la tentation de la délinquance et le désir de s'émanciper grâce aux études. Il sera sauvé par le rap et sa conversion à l'islam. «J'étais bon élève le jour et voyou la nuit. Non parce que je souffrais de schizophrénie mais parce que lorsqu'on est dans un groupe, on ne veut pas être ostracisé», explique Abd Al Malik. Ce dilemme est palpable dans un film aux nombreux changements de tons.

La musique, un personnage à part entière

La bande-son très riche du film fait la part belle aux compositions du rappeur tout en réunissant aussi d'autres musiciens comme Laurent Garnier, Bilal (le frère aîné du réalisateur) et Wallen. Marc Singa ne s'est pas fait doubler pour les chansons ce qui semblait indispensable à Abd Al Malik. «Quand je filme, parfois je ne regarde même pas: je ferme les yeux et j'écoute la musique de la scène pour savoir si ça fonctionne», dit-il. Le spectateur prend le beat de son héros et de ses copains plus ou moins chanceux tout en étant bluffé par des cadrages superbes. «J'ai essayé de filmer les immeubles tels que je les voyais quand j'étais gamin», déclare-il. Cet émerveillement d'enfant traverse le temps et l'espace pour se communiquer au spectateur.

sur un unitaire pour Canal + sur Bob Denard où Marc jouait