«Le chant de la mer» redonne vie aux légendes celtiques

ANIMATION Tomm Moore signe un dessin animé qui a pour ambition de rendre la culture irlandaise accessible au monde entier...

Caroline Vié

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Le chant de la mer
Le chant de la mer — Haut et court

L'Irlandais Tomm Moore a choisi l'indépendance pour signer des films qui ne ressemblent à aucun autre. Après le superbe Brendan et le secret de Kells (2009) où il rendait hommage aux moines enlumineurs, il fait revivre une légende celtique dans Le chant de la mer. Une petite fille dont la mère est morte en lui donnant naissance et son frère affectueux découvrent le poids d'un passé magique dans ce conte aux images d'une poésie rare.

Le choix de l'indépendance

C'est dans son studio irlandais que le réalisateur a écrit et réalisé Le chant de la mer. «J'ai reçu toutes sortes de propositions pour aller travailler aux Etats-Unis, mais cela aurait voulu dire que je devrais rendre des comptes, dit-il. Monter un long-métrage en indépendant était plus difficile, mais j'étais totalement libre». Cela lui a permis d'évoquer simplement des sujets aussi sérieux que la mort et le deuil sans fard et sans pathos. «Je n'étais pas contraint de livrer une fin joyeuse ce qui m'aurait sans doute été imposé si j'avais œuvré au sein d'une grande compagnie».

La participation de Nolwenn Leroy

Outre un magnifique livre CD paru aux éditions Glénat, Le chant de la mer bénéficie aussi d'un autre atout: la collaboration de Nolwenn Leroy qui double le personnage de Bruna et interprète la chanson du film. «J'ai découvert une chanteuse sensible aussi passionnée que moi par les légendes celtiques, déclare Tomm Moore. Ce qu'elle a fait pour mon film m'a vraiment charmé car elle a parfaitement saisi ce que sont les selkies». Ces êtres magiques mi-femme mi-phoque sont au centre de cette belle histoire aux teintes bleutées.

Le devoir de défendre un patrimoine

Amoureux d'animation, Tomm Moore est aussi résolu à conserver son identité qu'à promouvoir le patrimoine culturel irlandais. «Je suis un peu lassé de tous ces films d'animation qu'on croirait sortis du même moule, dit-il. C'est pour cela que j'admire quelqu'un comme Hayao Miyazaki qui rend la culture japonaise accessible au monde entier. J'aimerais en faire de même avec celle de mon pays». Son film aussi atypique qu'attachant balaye les codes esthétiques actuels pour révéler un univers très personnel aux dessins d'une grande douceur. On se laisse emporter par cette lame venue d'Irlande porteuse de saveurs d'embruns et de sel marin.