On a rencontré Hayao Miyazaki: Le papa de Totoro passe ses journées au musée Ghibli

REPORTAGE Le réalisateur du «Vent se lève» poursuit son activité au musée Ghibli qu'il a créé près de Tokyo...

De notre envoyée spéciale à Mitaka, Caroline Vié

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Le bureau d'Hayao Miyazaki recréé en miniature au musée Ghibli
Le bureau d'Hayao Miyazaki recréé en miniature au musée Ghibli — C.Vié/Museo d'Arte Ghibli

Il l'avait confirmé: Le vent se lève, qui vient de sortir en vidéo à point nommé pour Noël, était le dernier long-métrage de son auteur. Alors qu'au Japon, le studio Ghibli semble bien désert en ce début décembre après la fin de la production du magnifique Souvenirs de Marnie (sortie le 14 janvier 2015), Hayao Miyazaki ne chôme pas pour autant. Il se consacre désormais au musée Ghibli qu'il a créé en 2001 à Mitaka, dans la banlieue de Tokyo.

Un lieu magique supervisé par le maître

Miyazaki est omniprésent dans ce lieu préservé où l'on peut découvrir d'autres aspects de son œuvre. «Depuis qu'il a pris sa retraite, il a davantage de temps, alors on le voit plus souvent», déclare le conservateur du musée Kiyofumi Nakajima, qui ne paraît pas exagérément enchanté: «Avant nous étions plus libres», soupire-t-il. Le réalisateur du Voyage de Chihiro (2002) est ravi de montrer un court-métrage de douze minutes: Pâte à pain et princesse Œuf qu'il a signé exclusivement pour la salle de cinéma Saturne du musée dont la cabine de projection est couverte de dessins d'animateurs tels Nick Park, le papa de Wallace & Gromit, ou Michel Ocelot, celui de Kirikou.

Une publicité offerte par son commanditaire

«A l'origine, ce dessin animé était une publicité pour une marque de pain, explique Kiyofumi Nakajima, mais quand les commanditaires ont découvert le travail de Miyazaki-san ils n'ont pas voulu le couper et ils ont offert le film au musée». S'il semble difficile de considérer ce court-métrage comme une simple pub, il se révèle un enchantement. Les aventures d'un petit œuf en jupette et d'une boule de pâte à pain à forme humaine poursuivie par une méchante sorcière sont craquantes comme une miche dorée. Il faut cependant se rendre au Japon pour les découvrir car «Miyazaki-san refuse catégoriquement que les films conçus pour le musée soient montrés ailleurs».

Comme un gamin malicieux

Si Hayao Miyazaki a annoncé ne plus vouloir quitter le Japon, il s'est tout de même déplacé pour recevoir l'Oscar d'honneur qui lui a été remis à Hollywood le 8 novembre dernier. «Il a caché la statuette dans le musée comme l'aurait fait un gamin malicieux, explique le conservateur du musée. C'est au visiteur de se montrer ingénieux pour la dénicher». Le précieux Oscar se trouve dissimulé au milieu de peluches dans une toute petite vitrine à côté d'une saynète miniature criante de vérité représentant le bureau du réalisateur, surpris en plein travail.

Toujours sur le pont

«Bien qu'il dise être à la retraite, Miyazaki-san continue à dessiner énormément, insiste Kiyofumi Nakajima. Il a énormément travaillé sur l'exposition temporaire Casse-Noisette, un conte qu'il adore.» Pour découvrir toutes ces merveilles, une seule solution: se rendre à Mitaka où les billets pour le musée doivent être réservés pour une date fixe dans une agence agréée. Pas question de venir à l'improviste: le succès est tel qu'il faut s'y prendre au moins un mois à l'avance. Pour patienter, on peut toujours se rendre au musée Art Ludique à Paris et y découvrir les dessins des studios Ghibli, jusqu'au 1er mars 2015.