«The Hobbit»: Le réalisateur Peter Jackson se voit comme «un geek qui a réussi»

CINEMA Peter Jackson n'est pas seulement le réalisateur du «Hobbit» et de la saga du «Seigneur des anneaux»...

Caroline Vié

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Ian McKellen (à dr.) pose dans son costume de Gandalf avec Peter Jackson pendant le tournage du «Hobbit», le 26 juillet 2013.
Ian McKellen (à dr.) pose dans son costume de Gandalf avec Peter Jackson pendant le tournage du «Hobbit», le 26 juillet 2013. — AP Photo/Peter Jackson

Il est loin le temps Peter Jackson réalisait le gorissime Bad Taste (1987) et avouait ne pas y avoir inclus de personnages féminins parce qu'il n'avait pas de filles dans ses relations. Aujourd'hui, le super geek est devenu un réalisateur adulé avec lequel les plus grandes actrices, de Naomi Watts à Cate Blanchett en passant par Evangeline Lilly, tournent avec délices. En quelques années, il a aussi placé la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Des débuts délirants

Peu de spectateurs se souviennent que le cinéaste a débuté avec des films pas vraiment faits pour le grand public. Après le bien nommé Bad Taste où les héros explosaient littéralement, Jackson s'est consacré aux Feebles (1989), sorte de «Muppet Show» trash et à  Brain Dead (1992), film de zombies extrêmement sanglant. Difficile de reconnaître le réalisateur du Hobbit dans ces délires potaches. «Je ne renie aucune de ces œuvres de jeunesse, explique Jackson. Elles m'ont formé et initié aux effets spéciaux». Il ne s'est un peu calmé qu'avec le très onirique Créatures célestes (1994) et l'amusant Fantômes contre Fantômes (1996).

Une passion intacte pour le 7e Art

Si Peter Jackson a ensuite réalisé des films plus commerciaux, le fan vibre toujours en lui. «Je garde intacte ma passion pour la culture populaire, explique-t-il. Je me considère comme un geek qui a réussi». C'est cette passion qui le meut quand il développe le HFR (High Frame Fate), une technique de projection très fluide en 48 images secondes au lieu des 24 images habituelles ou quand il met au point une attraction inspirée de son King Kong (2005) pour les parcs d'attractions Universal. «Parler cinéma avec Peter est aussi passionnant que de regarder ses films», dit Orlando Bloom, alias Legolas.

Un maître bienveillant en son royaume de cinéma

A la tête d'un studio, de WingNut Films, sa compagnie de production et de WETA une firme d'effets spéciaux réputée dans le monde entier, Peter Jackson règne sur  le monde du cinéma sans avoir à quitter sa Nouvelle-Zélande natale. «Peter est un meneur d'hommes, un grand cinéaste et un être humain incroyablement généreux qui sait fédérer une équipe autour de lui», explique son complice Andy Serkis qui fut Gollum et King Kong avant de devenir réalisateur de seconde équipe sur Le Hobbit, la bataille des cinq armées. Peter Jackson a démontré benoîtement qu'on pouvait être un geek et avoir le pouvoir.