Pour Mathieu Kassovitz, être acteur est un hobby, être réalisateur un sacerdoce

CINEMA Le réalisateur de «La Haine» prépare une suite à son film culte…

B.C.

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Mathieu Kassovitz dans «Vie sauvage».
Mathieu Kassovitz dans «Vie sauvage». — © Carole Bethuel

Il déteste Leos Carax et Quentin Tarantino. Il n’est fan que de Jackie Chan et Steven Spielberg. Il va faire une suite à La Haine, «c’est sûr», mais «pas une comédie, un drame d'une violence extrême.» Mathieu Kassovitz n’a pas déçu Télérama qui annonçait comme un «bon client» au moment de l’interviewer pour la sortie d’Un illustre inconnu. Entre autres sorties sur les cinémas français et hollywoodiens, l’acteur-réalisateur a donné sa vision du métier de comédien : «acteur n'est pas un métier, juste un hobby. Si vous avez une gueule, de la présence, si vous savez votre texte et ne vous prenez pas au sérieux, vous êtes un bon comédien.»

Et à la fin, c’est l’acteur qui emballe

Avant tout réalisateur à ses yeux, Mathieu Kassovitz estime que faire l’acteur, c’est trouver le meilleur «rapport qualité/prix. On est hyper bien payé, super entouré. On vient vous chercher, on vous supplie de bien vouloir faire ce pour quoi on vous a engagé, on braque trois projecteurs sur vous, on vous célèbre, on vous interviewe.»

En comparaison, «quand vous êtes réalisateur, vous préparez votre film pendant deux ans, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, vous devez convaincre des financiers crétins, vous ne voyez plus votre famille. Sur le tournage, vous répondez à cent types qui demandent tout et n'importe quoi et vous dépensez toute votre énergie à mettre en valeur un acteur, précisément, c'est-à-dire un mec payé dix fois plus que vous et qui travaille dix fois moins. Et qui, en plus, va emballer les meufs.»