Arielle Dombasle: «Je suis fière d’être une icône gay»

CINEMA Arielle Dombasle est la marraine du Festival «Chéries-Chéris» (Lesbiennes, Gay, Bi, Trans et plus) qui se tient du 25 novembre au 2 décembre...

Caroline Vié

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Arielle Dombasle dans le film Valentin, Valentin
Arielle Dombasle dans le film Valentin, Valentin — SBS distribution

Du 25 novembre au 2 décembre, le Festival Chéries-Chéris dédié au cinéma LGBT (lesbiennes, bi, trans et plus) aura pour marraine Arielle Dombasle. Le 27 novembre à 20h15, l'actrice-réalisatrice d'Opium (disponible en Dvd chez Epicentre) présentera un programme spécial avec les documentaires Sur les traces de Jean Cocteau (2014) et La traversée du désir (2009). Elle a raconté à 20 Minutes pourquoi sa participation à ce festival compte tant pour elle...

Pourquoi avoir accepté ce rôle de marraine?

Je suis fière d'être une icône gay! Je dois beaucoup à cette communauté. Le fait d'avoir été choisie comme figure de proue d'une manifestation de ce genre me comble. J'aime les gays et je crois qu'ils me rendent mon amour. J'ai davantage d'amis gays que d'amis hétéros, sans doute parce que nous avons une sensibilité commune.

Vous vous sentez chez vous avec les LGBT?

Absolument, parce que je suis quelqu'un d'ambigu et de libre, donc d'inclassable, ce qui dérange parfois les gens. Et puis comme je le dis souvent, on fait l'amour à quatre: avec sa partie féminine et masculine et celles de son partenaire. L'important est de ne pas se laisser formater.

Cette communauté vous semble-t-elle particulièrement créative?

Absolument. Sa vulnérabilité en tant que minorité est un terrain de création fantastique. Je suis sans cesse étonnée par la richesse de ce cinéma et par sa force. Les LGBT ont besoin de s'exprimer. C'est pour cela qu'on voit une éclosion d'œuvres remarquables comme L'inconnu du lac ou Gerontophilia que j'ai découverts récemment.

Qu'attendez-vous de ce festival?

Du fun, des rencontres, des découvertes! Le cinéma est un vecteur fantastique pour faire bouger les choses. Je trouve capital que des manifestations militantes comme celle-ci existent. Nous avons de la chance de pouvoir militer en France, il faut en profiter...Si nous étions en Russie ou en Iran, les choses ne seraient pas si simples.

Vous n'avez pas l'impression que les mentalités régressent?

Nous sommes dans une période chaotique et les formes conservatrices reviennent en force mais la France reste le pays des Lumières. Je demeure persuadée qu'elles ne peuvent pas s'éteindre tant que les artistes continueront à cultiver leur différence, leur «vif-argent» comme l'appelait Cocteau. Ce festival contribue à faire évoluer les mentalités.