«Les opportunistes», autopsie d'une Italie en crise

CINEMA Valeria Bruni-Tedeschi domine ce film choral, véritable état des lieux de l'Italie actuelle...

Caroline Vié

— 

Les opportunistes
Les opportunistes — Bac films

Paolo Virzi mord à belles dents dans l'Italie actuelle avec Les Opportunistes, un film choral fascinant. Il offre un rôle exceptionnel à Valeria Bruni-Tedeschi dans cette adaptation de Capital Humain de Stephen  Amidon (Stock, 2005), transposée au bord du lac de Côme. Jonglant avec les genres et les protagonistes, il livre un divertissement fort réjouissant.

Un énorme succès en Italie

Couvert de David di Donatello (l'équivalent des César pour les Italiens), cette fable en forme de puzzle évoque les rapports entre deux familles à la veille d'un accident qui va bouleverser leurs vies. La descente aux enfers de ces parvenus est montrée selon leurs différents points de vue avec juste ce qu'il faut de recul et d'humour par le réalisateur de Caterina en ville (2004). A la fois thriller à suspense, drame humain et réflexion sur le monde actuel, Les opportunistes réunit la fine fleur du cinéma transalpin autour d'un scénario diabolique.

Une classe sociale pourrie par l'argent

Paolo Virzi retrouverait presque la veine des grandes comédies italiennes des années 60 pour cette galerie de portraits vitriolée riches en héros savoureux. L'argent est au centre de tous les désirs et de toutes les préoccupations des personnages. Si l'ensemble est parfois un brin fouillis, une belle galerie d'acteurs de Valeria Golino à Fabrizio Bentivoglio emporte l'ensemble. On garde un faible pour le personnage d'actrice ratée de Valeria Bruni-Tedeschi, bouleversante de fragilité dans un univers de requins où les euros ne rendent pas heureux.