Reda Kateb confirme l'étendue de son talent dans «Qui vive»

CINEMA Dans un rôle de vigile, le comédien irradie de sa présence une chronique de banlieue de très belle facture...

Caroline Vié

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Reda Kateb dans Qui vive
Reda Kateb dans Qui vive — La vie est belle-Oriflamme Fims

Reda Kateb est décidément l'une des grandes révélations de cette année. Après avoir incarné un interne étranger aux côtés de Vincent Lacoste Hippocrate de Thomas Lilti, il émeut dans le rôle principal que Qui Vive. L'acteur dévore l'écran dans la peau d'un trentenaire qui doit composer avec les contraintes d'un emploi de vigile en attendant d'avoir réussi le concours d'infirmer qu'il lui permettra de changer de vie.

Un personnage entre force et faiblesse

Pour son premier long-métrage, Marianne Tardieu a donné une épaisseur remarquable à cet homme agité de doutes et habité par le désir de se sortir de la cité de son enfance. «J’avais depuis longtemps ce personnage en tête, charmant, séduisant et séducteur, drôle, mais aussi secret, tendu, inquiet de rater sa vie», explique-t-elle. Perpétuellement persécuté par des gamins qui lui pourrissent la vie, ce garçon ambitieux aimerait connaître la paix et aussi l'amour avec Adèle Exarchoupolos, découverte l'an dernier dans La vie d'Adèle.

Un immense comédien

Reda Kateb est de presque tous les plans de cette chronique qui échappe à la caricature. «Mon film est porté par l'énergie de l'équipe et la vitalité, la beauté des comédiens», insiste Marianne Tardieu. Le charisme de son acteur principal emporte le morceau. Qu'il fasse rire des enfants complices, subisse un interrogatoire pénible devant des examinateurs méprisants ou participe à la reconstitution d'un cambriolage, Reda Kateb est l'homme de la situation. Son visage met chacun de ses sentiments à nu pour bouleverser un spectateur envoûté par le charme de son immense talent.