«A girl at my door» évoque la condition peu enviable des femmes coréennes

CINEMA Ce premier film remarqué à Cannes décrit la vie de deux femmes dans un petit village de Corée...

Caroline Vié

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A girl at my door
A girl at my door — Epicentre Film

Pour son premier long-métrage, la court-métragiste coréenne July Jung fait montre d'une belle nature de cinéaste. A girl at my door, remarqué dans la section Un certain regard à Cannes en mai dernier, décrit la relation d'une femme flic citadine mutée malgré elle dans un village côtier et d'une adolescente battue par son père. Ces portraits de femmes séduisent par leur justesse dépourvue de sensiblerie, mais en aucun cas de sensibilité.

Une histoire de femmes

La jeune cinéaste a su s'entourer. Le réalisateur Lee Chang Dong (Poetry, 2010) a produit cette chronique âpre après avoir remarqué July Jung dans l'université où il enseignait. La star locale Doona Bae, vue récemment dans Cloud Atlas (2012), mais aussi dans Air Doll (2009), incarne cette policière un peu perdue qui retrouve un sens à la vie en prenant fait et cause pour une gamine maltraitée jouée par la jeune Kim Sae-Ron découverte, elle, dans Une vie toute neuve (2009). Les talents de ce duo conjugués avec celui de la réalisatrice donnent une œuvre à la fois puissante et délicate qui en dit long sur la difficile émancipation des femmes en Corée.