Benicio del Toro est ahurissant dans le rôle du narcotrafiquant Pablo Escobar dans «Paradise Lost»

CINEMA L'acteur raconte à 20Minutes comment il est entré dans la peau du narcotrafiquant Pablo Escobar...

Caroline Vié

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Benico Del Toro dans Paradise Lost
Benico Del Toro dans Paradise Lost — Mika Cotellon

Après avoir prêté ses traits au Che pour Steven Soderbergh en 2008, Benicio Del Toro se fait totalement oublier pour devenir le narcotrafiquant Pablo Escobar dans Paradise Lost, drame entre biopic et thriller signé par Andrea Di Stefano. «Escobar était étonnant par la façon dont il parvenait à compartimenter sa vie, explique le réalisateur. Sur un enregistrement de la police, je l'ai entendu gérer une affaire domestique au téléphone avec sa femme pendant qu'un homme torturé hurlait à côté de lui.»

Avantages et inconvénients

Il n'est pas facile de se glisser dans la peau d'une personnalité connue, mais Benicio Del Toro a su trouver un avantage à ce défi. «Je bénéficiais du passé de l'homme pour appuyer ma composition. Je n'avais pas besoin de l'inventer. Cela étant dit, j'estime avoir fait de Pablo Escobar un personnage de pure fiction.» Aussi charismatique que dangereux, père de famille aimant, politicien adulé et assassin paranoïaque apparaissent tour à tour sous les traits du comédien caméléon. «C'était un type complexe mais surtout un gangster impitoyable», précise Del Toro.

Un personnage aux multiples facettes

Le spectateur découvre le trafiquant colombien par les yeux de Josh Hutcherson, un jeune Américain qui courtise sa nièce. «Escobar est toujours considéré comme une icône de la rébellion en Colombie, car il donnait l'impression d'aider les pauvres. J'ai essayé de rendre ses différentes facettes», dit Benicio Del Toro. Le comédien et le réalisateur ont fait énormément de recherches pour donner de l'épaisseur au gangster. «J'ai beaucoup discuté avec un ami qui l'a connu et j'en suis arrivé à la conclusion qu'il s'agissait d'un homme intelligent que sa paranoïa a perdu», explique Andrea Di Stefano.

Ne pas angéliser Escobar

Del Toro et Di Stefano étaient sur la même longueur d'ondes, il ne fallait surtout pas rendre Escobar sympathique. «C'était un hypocrite, insiste le comédien. On ne peut pas prétendre être pur et incorruptible en vendant de la cocaïne». L'ambiguïté de cet antihéros cruel et charmant se dévoile au fil d'un scénario solidement charpenté offrant une belle base au comédien pour offrir une performance brillante. Si Javier Bardem a été un moment envisagé pour le rôle, il est aujourd'hui impossible d'imaginer quelqu'un d'autre que Benicio Del Toro pour l'incarner.