Harry Potter porte des cornes pour «Horns»

CINEMA Daniel Radcliffe est le héros d'une comédie horrifique signée Alexandre Aja...  

Caroline Vié

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Alexanfre Aja et Daniel Radcliffe pour Horns
Alexanfre Aja et Daniel Radcliffe pour Horns — Metropolitan

Daniel Radcliffe n'est pas garçon à s'assoupir sur la baguette magique d'Harry Potter. Le jeune acteur aujourd'hui âgé d'un quart de siècle ne cache pas sa passion pour le cinéma d'horreur. Après La dame en noir (James Watkins, 2012), le comédien s'amuse à faire peur dans Horns, comédie horrifique signée par Alexandre Aja. «J'avais craqué sur Piranha 3D (2010) et son mélange de genres que j'ai retrouvé dans ce scénario brillant».

Le diable probablement...

Radcliffe incarne un jeune homme accusé d'avoir tué sa copine jouée par Juno Temple et qui voit soudain cornes pousser sur son front alors qu'il devient détenteur d'étranges pouvoirs. C'est Joe Hill, le fils de Stephen King, qui a écrit le livre («Cornes», JC Lattès) et qui a collaboré au script qui en est inspiré. «J'ai accroché parce que je crois que cette histoire dépasse les limites du simple divertissement. C'est aussi une fable sur la solitude et le rejet, dit Radcliffe. Ce sont des thèmes qui me parlent». On s'attache d'autant mieux à son personnage torturé que le comédien communique une fragilité réelle à son personnage. Radcliffe se montre tour à tour vulnérable et inquiétant au gré d'une intrigue malicieuse.

Un duo complice

Alexandre Aja ne tarit pas d'éloges sur la star. «Daniel s'est battu pour avoir le rôle alors que je comptais le confier à quelqu'un de plus âgé. Il m'a bluffé par sa maturité et son sérieux. Bien qu'il ait connu la gloire très jeune, il n'a rien d'un enfant gâté. Il embrasse son passé d'acteur et ne renie pas Harry Potter». Daniel Radcliffe est lui aussi enchanté par sa collaboration avec le réalisateur de Haute tension (1993). «Alexandre prend le cinéma de genre très au sérieux ce qui lui permet de jongler avec ses codes. Il n'est pas du genre à se moquer des films d'horreur». C'est sans doute ce qui explique les soudains changements de ton qui confèrent au film la même originalité qu'au roman. On rit beaucoup en regardant Horns.

Grandir en même temps que les fans

«J'ai gardé une paire de cornes en souvenir, plaisante Radcliffe. Ce n'était pas un maquillage très compliqué. Il était plus complexe de concevoir ce personnage qui ne sait pas trop bien où il en est».  L'acteur n'en a pas fini avec le genre. On le verra bientôt dans Frankenstein de Paul McGuigan ou il interprète Igor, l'assistant du docteur. «Il est vrai que j'adore les films fantastiques, mais ce film n'a rien à voir avec Horns. Mon rôle y est beaucoup plus physique car j'y marche plié en deux». Et de sauter de sa chaise pour mimer un bossu de façon fort crédible. «Je pense que les gamins qui l'ont aimé dans les Harry Potter ont grandi en même temps que lui et qu'ils sont prêts à le suivre dans de nouvelles aventures», dit Aja. Celles de Horns sont fort recommandables.