«Refroidis», polar norvégien à l'humour glacé

CINEMA Ce thriller réjouissant a remporté le Grand prix du Festival du film policier de Beaune...

Caroline Vié

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Refroidis
Refroidis — Chrysalis

Il fait très froid en Norvège l'hiver. C'est donc bien surgelée, que le héros de Refroidis va déguster sa vengeance après la mort de son fils unique assassiné par des malfrats. Hans Petter Moland retrouve Stellan Skarsgård qu'il avait dirigé dans Un chic type (2011) pour ce thriller joyeusement macabre, lauréat du Grand prix et du prix Spécial Police (décerné par un jury de policiers) au Festival de Beaune 2014. Le duo s'en donne à cœur joie...

La mort leur va si bien

Au milieu des sbires d'un bandit sadique et d'un parrain serbe (campé par un Bruno Ganz très pince-sans-rire), le papa vengeur, conducteur de chasse-neige élu citoyen de l'année dans son village, va jouer les anges exterminateurs pour le plus grand plaisir d'un spectateur comptant les cadavres avec délices. «Ce sont des enfants avec des fusils qui rencontrent d'autres enfants avec de plus gros fusils», explique le cinéaste. Chaque décès violent est annoncé par un carton annonçant la mort d'une nouvelle victime!

Glacial et sophistiqué

«Si on ne peut pas se rendre justice, autant s'amuser un peu», commente Hans Petter Moland qui met cette devise en pratique jusqu'à l'absurde. Ces bandits bêtes à manger des glaçons disparaissent avec une régularité réjouissante dans des paysages enneigés, finissant par s'entre-tuer avec un entrain gaillard. Entre Sonatine (1993) de Takeshi Kitano et Fargo (1996) des Frères Coen, ce polar original trouve un ton grinçant des plus réjouissants. Le réalisateur ne ménage personne et c'est tant mieux car on sort de la salle avec la mine réjouie d'un gamin qui a branché un bec Bunsen sur l'arrivée d'eau. Il y a de la malice et de du talent dans ce polar-là.