Gérard Lanvin: «On était beaucoup plus tolérants il y a dix ans»

CINEMA Gérard Lanvin revient à 64 ans dans «Bon Rétablissement», une comédie de Jean Becker où il campe un monsieur tout le monde, un peu réac mais quand même très humain...

Anne-Marie Enescu

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Gérard Lanvin et Claudia Tagbo dans le film Bon rétablissement
Gérard Lanvin et Claudia Tagbo dans le film Bon rétablissement — SND

L’an dernier, il interprétait le comte de Peyrac dans la nouvelle adaptation d’«Angélique», d’Ariel Zeïtoun. Cette année, il joue Pierre, la soixantaine, qui, suite à un accident, se retrouve amnésique dans une chambre d’hôpital, une jambe dans le plâtre, à subir les allées et venues du personnel hospitalier, des autres malades et de ses proches. Petit à petit, il va faire des rencontres qui vont transformer sa vie.

Un casting à contre-emploi mais parfait

«J’ai lu le scénario en deux heures. Ce film est une pièce de boulevard: un couloir, une chambre, avec une porte qui s’ouvre et qui se ferme en permanence», raconte l’acteur pour qui le duo Jean Becker et Jean-Loup Dabadie, coscénariste du film, c’était «une came» qu’il ne pouvait refuser.

Au casting, un ami de longue date, Jean-Pierre Darroussin qui interprète Hervé, le frère de Pierre, ou encore Fred Testot, d’Omar et Fred, attendrissant en inspecteur de police. Mais on trouve aussi des noms plus atypiques, comme la journaliste Anne-Sophie Lapix qui donne pour la première fois la réplique dans un long-métrage. La comique Claudia Tagbo «qui est venue faire l’actrice et pas Claudia Tagbo», est, quant à elle, très attachante dans le rôle d’une infirmière. «La vraie réussite pour un réalisateur est son casting», indique Gérard Lanvin.

Combattre les idées reçues

Dans ce huis clos hospitalier, Jean Becker tente de lutter contre certains préjugés qui ont la vie dure, le tout sur le ton de la comédie. Le réalisateur de 81 ans aborde, avec beaucoup d’intelligence, l’homosexualité, la prostitution, les filles-mères... «Ce qui est intéressant, c’est que Jean Becker explique les choses avec très peu de mots», raconte Gérard Lanvin qui en profite pour dire ce qu’il pense de tout ça. «Toutes ces histoires au moment du mariage pour tous... Moi, je ne me suis jamais posé ce genre de questions. Si les gens s’aiment et veulent avoir des enfants, c’est heureux et c’est bien. Ils sont respectés et respectables. [Comme pour tous], il faut que ça soit des gens propres, c’est tout. On était beaucoup plus tolérants il y a dix ans.»

Et en parlant de préjugés, l’acteur répond également aux dires de ceux qui le voient comme un joyeux bougon. «Je ne suis pas bougon, je joue les bougons, ce n’est pas pareil. Je ne joue jamais les bougons ou les méchants sans qu’ils puissent être à un moment repêchés. Ce qui est intéressant, ce sont les failles. C’est par là que rentre la lumière.»