Deauville: «Whiplash», un batteur de jazz est le grand gagnant du Festival

CINEMA C'est «Whiplash», merveilleux film sur un batteur de jazz qui a remporté le Grand Prix et le prix du Public...

Caroline Vié

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Whiplash
Whiplash — Ad vitam

Frank Miller, très fatigué et en fauteuil roulant, a ému le Festival de Deauville en venant présenter Sin City: J'ai tué pour elle, nouvelle adaptation de son comic culte coréalisée avec Robert Rodriguez. Avant cette projection, le jury présidé par Costa-Gavras a donné son verdict: Whiplash de Damien Chazelle a reçu le Grand prix ainsi que celui du public dont les goûts ont rejoint ceux de professionnels. «Les délibérations qui ont duré deux heures ont été conviviales et passionnées et Whiplash a été choisi à l'unanimité», nous a confié Costa-Gavras.

Tout pour la musique

Whiplash a créé l'événement non par son sujet mais par la façon dont il est traité. Sur le papier, l'histoire d'un jeune homme qui rêve de devenir batteur de jazz et qui tombe sous la baguette d'un prof sadique n'a rien de sexy. Sur l'écran, les performances de Miles Teller et du terrifiant J.K Simmons laissent le spectateur sonné comme après un concert brillant. La mise en scène de Damien Chazelle fait le reste. Le film, également primé à Sundance et remarqué à Cannes, est vraiment épatant! «C'est émouvant de recevoir un prix à Deauville où j'allais en vacances avec mes parents et d'être distingué par un jury de grands cinéastes qui m'ont influencé», nous a dit Damien Chazelle.

Le fantastique à l'honneur

Le genre horrifique était très présent en compétition et il est donc tout naturellement présent au palmarès. Le prix de la révélation Cartier a été attribué à A Girl walks home alone at night d'Ana Lily Amirpour sur une buveuse de sang en tchador et celui de la Presse internationale à It Follows de David Robert Mitchell où une entité prend diverses formes humaines pour poursuivre un garçon innocent. «Recevoir cette récompense pour un film de genre est vraiment merveilleux. Etre reconnu en festival est déterminant pour la carrière d'une production indépendante comme la mienne», a déclaré David Robert Mitchell à 20 Minutes.

La réalité célébrée

Plus âpres, Things people do de Saar Klein sur un homme sombrant dans l'illégalité après avoir perdu son emploi et The good lie de Phillippe Falardeau sur des réfugiés soudanais aux Etats-Unis ont également été distingués. Ils ont reçu respectivement le prix du 40ème anniversaire et celui du jury témoignant de la diversité de la sélection comme de celle des centres d'intérêt d'un jury qui s'est aussi passionné pour des sujets d'actualité. Tous se sont également extasié devant Je l'adore, Prix Michel d'Ornano remis à un premier film français. «C'est la comédie de l'année», s'est exclamé Pierre Lescure sur scène soutenu par Vincent Lindon qui a rendu un bel hommage à la star du film, Sandrine Kiberlain.