Deauville: Le producteur Brian Grazer trouve Netflix bénéfique pour les artistes

CINEMA Le producteur de «Get on Up» et de la série «24 heures chrono» est honoré ce vendredi à Deauville...

Caroline Vié
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Brian Grazer, Robert Lorenz et Clint Eastwood sur le tournage de L'Echange
Brian Grazer, Robert Lorenz et Clint Eastwood sur le tournage de L'Echange — Universal

Brian Grazer œuvre dans le domaine de la production depuis près de trente ans. Le Festival de Deauville a rendu hommage à ce grand professionnel venu présenté le biopic de James Brown, Get on Up (sortie le 24 septembre), en compagnie de l'équipe et de son coproducteur, Mick Jagger, dont la présence a mis la ville normande en ébullition.

Savoir prendre des risques

«Etre producteur, c'est savoir prendre des risques, explique Brian Grazer. Lorsque, dans les années 1980, j'ai proposé de tourner l'histoire d'un homme qui tombe amoureux d'une sirène tout le monde s'est moqué de moi et c'est devenu Splash, l'un de mes plus grands succès.» Grazer est connu pour avoir du nez. Il a travaillé avec les plus grands de Clint Eastwood à Ridley Scott en passant par Ron Howard et a également marqué la télévision avec notamment la série «24 heures chrono». «Ce qui compte, ce sont les idées, explique-t-il. Depuis que je suis dans le métier, les gens tentent de prédire ce qui va marcher au box-office mais ce n'est pas une science exacte et c'est très bien ainsi.»



Un business en pleine mutation

Les succès estivaux de films dépourvus de stars comme Les gardiens de la galaxie ou Ninja Turtles ne surprennent pas Grazer. «Ce sont leur concept ou leur studio qui sont les stars de ces films, mais je crois toujours en la valeur des acteurs. Si vous voulez avoir des Oscars, il vous faut de vraies personnes sur l'écran, pas des robots. Les comédiens attirent toujours du monde dans les salles.» C'est le pari qu'il a fait pour Get on up, biographie pétrie d'humanité avec le fantastique Chadwick Boseman dans le rôle de James Brown. «Le business change avec l'arrivée de nouveaux médias ce qui est très stimulant car cela permet de développer de nouvelles idées. Tout ce qui invite à la création est bon pour notre métier».

Un avenir radieux

Brian Grazer voit le futur sans inquiétude. «Bien sûr, en ce moment, c'est un peu le chaos car tout le monde prend ses marques. Je reste cependant confiant. Des chaînes de télévisions comme HBO ont fait émerger de nouveaux talents, il en sera de même pour Netflix. Il va falloir nourrir ces nouvelles plateformes et ce sera bénéfique pour les artistes». Quand on lui demande si la créativité est libre aux États-Unis où les réalisateurs n'ont pas le contrôle final sur leur film, il sourit et botte en touche: «Cela dépend des cinéastes. Pour ma part, je suis partisan d'un processus collaboratif». Tate Taylor, metteur en scène de Get on up confirme: «Brian est un fou de cinéma et un producteur génial qui vibre de passion pour votre projet». Peut-être est-ce le secret de son succès.