VIDEO. «Les Amants électriques»: Bill Plympton livre ses secrets de fabrication dans le DVD

ANIMATION Le DVD des «Amants électriques» sort ce mercredi. Le réalisateur indépendant révèle, bonus à l’appui, les principales étapes de fabrication de son film…

Stéphane Leblanc
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Les Amants électriques
Les Amants électriques — Plymptoons/ED Distribution

Cinq ans de travail résumés en 51 séquences vidéo. Comme autant d’étapes à la fabrication des Amants électriques, le dernier film d’animation haut en couleur et en sensations fortes du très indépendant Bill Plympton. Douze d’entre elles sont présentées sous titrées dans le DVD qui sort ce mercredi. Ce qui représente tout de même 72 minutes d’explications filmées.

«On me pose si souvent des questions techniques que j’ai décidé de faire intervenir tous ceux qui travaillent sur le film pour expliquer leur partie, raconte Bill Plympton. Les grands studios surveillent de près leurs artistes et n’aiment pas partager leurs secrets de fabrication. Mais je pense que c’est important que les gens sachent comment tout fonctionne pour les encourager à faire eux-mêmes un film.»

Sexe, humour et violence à chaque plan

Cet élan de générosité on le retrouve dans Les Amants électriques, film chaleureusement provocateur et jubilatoire. Sexe, humour et violence sont de tous les plans, comme les trois organes d’un dessin animé qui raconte la très rocambolesque histoire d’amour passionnée, puis de haine viscérale, entre deux amants qui se rencontrent à la faveur d’un accident d’auto-tamponneuse.



Ce film, dont nous avions dit le plus grand bien à sa sortie en avril 2014 et qui a depuis remporté le prix du jury du festival d’Annecy, fait l’objet d’un blog vidéo animé par Bill Plympton lui-même. Toute la création du film y est décrite dans les moindres détails: de la construction de l’histoire à la mise en couleur du film, en passant par les différentes étapes du dessin et de l’animation elle-même.

 



On apprend ainsi que l’étape du story-board se décompose en trois: un cahier d’anecdotes écrites sur des post-it repositionnables à l’infini, un autre plein de petits croquis de la taille de timbres, rapidement exécutés, et un dernier contenant les dessins d’un story-board «de 232 pages», précise le cinéaste, nettement plus élaboré… Bill Plympton commence l’animation en partant du premier dessin de la première page.

«Je fais entre vingt et cinquante dessins par plan, chaque plan durant trois ou quatre secondes. Et chaque jour je réalise un ou deux plans…», explique-t-il pour justifier les cinq ans de travail, les 51 séquences vidéo postées sur Internet et les douze du DVD en guise de synthèse sous-titrée.