VIDEO. Sony modifie son film «The Interview» pour ménager la Corée du Nord

CINEMA Les changements incluent la retouche numérique de milliers de boutons d'uniformes militaires...  

Mathias Cena

— 

Seth Rogen et James Franco, sur l'affiche du film "The Interview".
Seth Rogen et James Franco, sur l'affiche du film "The Interview". — Sony Pictures

Un geste d’apaisement en direction du régime de Pyongyang. Selon The Hollywood Reporter, Sony Pictures serait en train de modifier certaines scènes de son film The Interview, qui irrite fortement les autorités nord-coréennes. La comédie hollywoodienne raconte les frasques de deux journalistes de télévision, incarnés par Seth Rogen et James Franco, qui ont décroché une interview avec le bien réel président Kim Jong-un et sont alors recrutés par la CIA pour assassiner le dictateur.

Le plus gros changement prévu serait la retouche numérique de milliers de boutons d’uniformes militaires portés par des personnages du film. Ceux utilisés lors du tournage étaient en effet des répliques fidèles des boutons de l’armée nord-coréenne, ce qui serait considéré par le régime comme «blasphématoire». Toujours selon le magazine, le studio envisagerait aussi de couper une scène montrant le visage de Kim Jong-un, interprété par Randall Park, en train de fondre «au ralenti, de manière graphique».

Retrouvez la bande-annonce en VO en cliquant ici.

La source de Hollywood Reporter affirme que ces changements n’ont pas été décidés sous la pression du siège japonais de Sony, au moment où le gouvernement nippon mène des négociations délicates avec Pyongyang sur le dossier des citoyens japonais kidnappés par la Corée du Nord pendant la Guerre froide. La retouche des boutons d’uniformes serait faite pour des «questions de droits» («clearance issues») tandis que les producteurs s’interrogeraient sur «l’effet comique» du visage qui fond.

The Interview, dont la sortie en salles initialement prévue en octobre a été repoussée au 25 décembre, n'amuse pas la Corée du Nord, qui a menacé les Etats-Unis de «représailles impitoyables». Un porte-parole non officiel du régime a cependant laissé entendre que Kim Jong-un, que l’on dit passionné de cinéma comme son père Kim Jong-il, regarderait le film de toutes façons.