Robin Williams, un génie comique qui luttait contre de nombreux démons

PORTRAIT L’acteur oscarisé, étoile d’Hollywood, avait commencé sa carrière par des one-man shows dans des clubs…

Anaëlle Grondin

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Robin Williams à New York en 2007.
Robin Williams à New York en 2007. — SIPANY/SIPA

Le public l’a vu en père travesti en nounou excentrique, en professeur de littérature rebelle ou encore en meurtrier maître chanteur. En quarante ans de carrière, Robin Williams a réussi aussi bien à faire rire le public aux éclats qu’à l’émouvoir sur grand écran.

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Rires et larmes

Le film Madame Doubtfire (1994), dans lequel il joue le rôle d’un père divorcé qui se déguise en vieille nounou pour tenter de rester proche de ses enfants, restera l’une de ses performances les plus reconnues. Tout comme son interprétation poignante du professeur idéal dans Le cercle des poètes disparus (1990), qui encourageait ses élèves à profiter de la vie avec la devise «carpe diem».

Egalement capable d’une grande subtilité, l’acteur avait remporté un Oscar en 1998 pour son rôle dans Will Hunting, celui d’un psychologue venant à l’aide d’un jeune surdoué en difficulté. Il a ainsi incarné les personnages les plus noirs et torturés, comme le tueur du film Insomnia (2002) ou encore l’employé maniaque d’un laboratoire de développement de photos dans Photo Obsession (2002). Habitué à jouer les personnages sympathiques, Robin Williams est parvenu à travers ces deux rôles de psychopathe à montrer l’étendue de son talent.

Du «stand up» aux Oscars

Né à Chicago dans l’Illinois le 21 juillet 1951, l’acteur américain a étudié le théâtre à la Julliard School, l’une des plus prestigieuses écoles d’art dramatique des États-Unis. Une fois diplômé, Robin Williams a fait ses armes dans le monde du théâtre d’improvisation et de «stand up comedy». Il a commencé sa carrière par des spectacles de one-man-show dans des clubs.

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L’acteur a fini par percer grâce à un épisode de la série «Happy Days» en 1974 puis en jouant l’extra-terrestre dans «Mork and Mindy», pour lequel il reçut son premier Golden Globe. Il fait ses débuts au cinéma en 1980 dans le rôle de Popeye sous la direction de Robert Altman. Sa performance dans Good morning Vietnam lui vaut sa première nomination à l’Oscar du meilleur acteur en 1988.

Etoile d’Hollywood, Robin Williams a exploré tout le registre des émotions humaines. Mais il est surtout salué par le public et par ses pairs pour son génie comique. Lorsqu’il a été opéré du coeur en 2009, ses médecins et infirmières ont d’ailleurs raconté qu’il avait commencé à les faire rire deux heures à peine après être sorti de l’intervention.

Combat contre les drogues et l’alcool

Mais derrière le rire, l’acteur luttait contre de nombreux démons. Addict à la cocaïne dans les années 70 et 80, Robin Williams avait évoqué publiquement son combat contre les drogues et l’alcool et avait fait plusieurs cures de désintoxication. Bourreau de travail, il avait ainsi avoué être retombé dans l’alcoolisme pour tenir le rythme. Après l’annonce de son décès, son agent a confié que Robin Williams affrontait une «grave dépression».

Robin Williams a encore trois films en post-production, dont une nouvelle Nuit au musée qui doit sortir en fin d’année. Il devait apparaître dans une suite de Madame Doubtfire l’an prochain, qui a été annulée à l’annonce de sa disparition.

L’acteur, qui vivait à Tiburon, au nord de la baie de San Francisco, s’était marié à trois reprises et était père de trois enfants, Zachary, Zelda et Cody.

L'annonce du décès de Robin Williams à travers le monde: