«Blue Ruin», la vengeance dans la peau

CINEMA Ce thriller autofinancé révèle un réalisateur et un acteur à suivre de très près...

Caroline Vié

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Bluie Ruin
Bluie Ruin — KMBO

Jeremy Saulnier surprend dès les premières images de Blue Ruin, une histoire de vengeance remarquée l'an dernier aux festivals de Sundance, Cannes et Deauville. Le réalisateur de Murder Party (2007) et son meilleur ami, l'acteur Macon Blair ont investi leur propre argent dans l’affaire avant de faire appel au site participatif Kickstarter pour boucler leur budget. «Ce film a été conçu comme une dernière chance de nous faire connaître avant de persévérer ou de renoncer», nous a confié Saulnier au dernier Festival de Deauville.

L’absurdité d’une vendetta sanglante

Pari gagné pour les deux hommes: le périple sanglant d’un SDF hirsute campé par Macon Blair a obtenu un beau succès en démontrant l’absurdité d’une vendetta sanglante entre deux familles. «Mon film a un côté western, précise Saulnier. Je pense que les mentalités n’ont pas vraiment évolué tant que cela dans l’Amérique actuelle». Il fait passer son héros du statut de victime à celui de bourreau soulignant d’une mise en scène taillée au cordeau la performance de son acteur. Blair est absolument éblouissant dans le rôle d'un homme hanté par un passé qui le dévore de l'intérieur.

Peu de dialogues mais un effet choc

Ce film âpre se révèle intense dès ses premières images quand on commence par suivre ce paumé tentant de trouver nourriture et salles de bain chez des particuliers. «Il fallait éveiller la curiosité du spectateur avant de le plonger brutalement dans l'action, explique Saulnier. La violence est d'autant plus brutale qu'elle est sidérante». Dialogues réduits au minimum et images choc rendent l'expérience particulièrement marquante. «Beaucoup de films indépendant sortent chaque année et il est de plus en plus difficile de se faire remarquer», insiste Saulnier. Blue Ruin permet au duo de sortir du rang.