«Bird People», le cinéma en liberté

CINEMA Pascale Ferran flirte avec le fantastique et livre un conte magique, véritable coup de cœur...

Caroline Vié

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Bird People
Bird People — Diaphana distribution

Huit ans après Lady Chatterley, Pacale Ferran revient avec Bird People, un conte sur la solitude étonnament aérien, et pas seulement parce que les personnages se croisent dans un hôtel de l'aéroport de Roissy. Ce poème radieux donne des ailes aux côtés de Josh Charles (vu dans la série «The Good Wife») et Anaïs Demoustier. «Je décris des personnages en pleine évolution», explique la cinéaste. Son film évolue lui aussi avec une grâce inouïe.

En duo et en parallèle

Qu'ils soient un client, homme d’affaires américain, ou la jeune femme de chambre française, de cet établissement froid, les personnages restent infiniment seuls, comme perdus dans un décors luxueux mais impersonnel. «A notre époque où la technologie fait que l’on peut être joint tout le temps, les gens ne se sentent pas moins solitaires», explique Pascale Ferran, qui a commencé à penser à cette histoire alors qu’elle faisait le tour du monde pour la promotion de Lady Chatterley. «J’ai été surprise de voir à quel point tous les alentours d’aéroports se ressemblent», se souvient-elle. Pour autant, son film est résolument revigorant quand un événement inattendu met le cœur et les mirettes en fête.

Le petit oiseau va sortir

Car soudain, la mélancolie cède la place à la magie. La réalisatrice en a bavé pour tourner des scènes particulièrement fortes mettant en scène un moineau malicieux. «Les réaliser en images de synthèses aurait été trop coûteux et pas assez réaliste, dit-elle. Nous avons donc fait appel à de véritables volatiles dressés, dont le moins qu’on puisse dire est qu’ils n’étaient pas faciles à diriger». Un oiseau star, baptisé Fernande, s’est vite imposé mais des doublures ont été aussi nécessaires pour mettre en boîtes ces séquences époustouflantes dont il serait criminel de révéler les détails. Il suffit de se laisser emporter à tire-d’aile par l’une des œuvres les plus créatives de l’année…