«Ugly», un film indien loin de la tradition Bollywood

CINEMA Ce polar radical fait découvrir une Inde méconnue des Occidentaux...

Caroline Vié

— 

Ugly
Ugly — Happiness distribution

Anurag Kashyap est catégorique: «Je pense que les spectateurs d’Ugly n’auront pas envie de passer leurs vacances en Inde», dit-il. Ce jeu de massacre sur la disparition d’une petite fille en plein cœur de Bombay mérite son titre qui se traduit «laid» en français. «Tous mes personnages ont une âme noire, des parents de la petite victime aux policiers qui mènent l’enquête», dit-il.

Au fur et à mesure

Le réalisateur du diptyque fleuve Gangs of Wasseypur (2012 n’a fourni le scénario qu’au jour le jour à ses comédiens ce qui «favorisait leur fébrilité. Comme dans la réalité, ils ne savaient pas ce qui allait leur arriver». L’atmosphère oppressante de son film constitue l’une des fierté du cinéaste, grand fan de thriller en général et Jean-Pierre Melville en particulier. «Je veux démontrer que le cinéma indien ne se limite pas aux comédies musicales façon Bollywood» insiste-t-il. Ugly balaye paillettes et encens pour plonger dans la noirceur poisseuse de bas-fonds inhospitaliers. Un voyage inconfortable mais grandement satisfaisant.