Comment un Argentin a conquis le Japon avec le dessin animé «L'île de Giovanni»

CINEMA Un grand dessinateur argentin est le directeur artistique de ce poème animé...

Caroline Vié

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Le légende Giovanni
Le légende Giovanni — Eurozoom

Impossible de ne pas penser au Tombeau des lucioles (1988), le chef-d’œuvre d’Isao Takahata quand on découvre L’île de Giovanni de Mizuho Nishikubo. Comme dans le film précité, deux gamins japonais sont confrontés à un pays en guerre. «C’est là que s’arrêtent les similitudes entre les deux œuvres», explique le directeur artistique Santiago Montiel dont les œuvres sont exposées jusqu’au 22 juin au Dernier bar avant fin du monde.

De l’Argentine à Tokyo en passant par la France

Ce petit génie du dessin, installé en France, a créé deux univers pour ce poème pacifiste. Le premier, c’est l’île de Chitokan, occupée par l’armée rouge en 1945. Le second est un monde onirique et stellaire où se réfugie le jeune héros. «Il était vertigineux de trouver l’équilibre entre les deux styles», dit Santiago qui communiquait par Skype (et sans parler japonais!) avec le réalisateur. Chacun de ses dessins est un tableau happant le spectateur dans le train des rêves de l’enfant ou dans la plus triviale des réalités.

Bosser plus qu’un Japonais

«Santiago travaille plus qu’un Japonais ce qui n’est pas peu dire, plaisante le réalisateur et c’est un artiste surdoué. Sa sensibilité et son talent m’ont constamment bluffé». Le résultat est effectivement époustouflant. Une émotion rare affleure de ce conte qui voyage dans le temps et l’espace pour nous faire lire une page d’histoire par les yeux de gamins victimes d’un conflit qui les dépasse. Embarquer sur L’île de Giovanni est fort recommandé…