Festival de Cannes, David Cronenberg: ««Maps to the stars» est une vision à peine exagérée d’Hollywood»

CANNES David Cronenberg égratigne Hollywood dans «Maps to the stars», satire corsée...

De notre envoyée spéciale à Cannes Caroline Vié

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Daniel McFadden

David Cronenberg est de retour à Cannes deux ans après Cosmopolis. Le réalisateur septuagénaire signe un brûlot dérangeant, réjouissant et d’une cruauté incroyable sur l’usine à rêves. Avec un délicieux sourire plein de malice, il a confié à 20 Minutes comment est né ce projet…

Maps to the stars a-t-il été difficile à monter?

J’ai mis huit ans pour y parvenir. Le sujet faisait peur aux producteurs bien plus qu’aux acteurs. Ils me disaient que c’était très bien puis finissaient par avouer qu’ils craignaient de ne pas pouvoir retravailler à Hollywood. C’est pour cela que ce film est une coproduction européenne.

Est-ce la première fois que vous tournez aux Etats-Unis?

Absolument, mais c’était indispensable car il fallait vraiment que je montre des lieux connus d’Hollywood. Je n’ai pu y rester que quelques jours pour ces fameuses histoires de coproduction. J’ai tourné les scènes d’appartement à Toronto.

Le Hollywood que vous décrivez dans le film ressemble-t-il au vrai?

Mon film est une vision à peine exagérée d’Hollywood. J’ai connu des situations délirantes quand j’ai dû assister à des réunions de travail là-bas tout au long de ma carrière. Je garantis que j’ai croisé des gens bien plus fous que ceux que nous montrons dans le film avec la différence notable qu’ils n’étaient pas fictifs…

Comment avez-vous conçu le personnage de comédienne au bout du rouleau de Julianne Moore?

Il a évolué au fil des années car elle a dû attendre près de dix ans que le film se monte. Nous avons voulu montrer une femme qui a dû mal à trouver du boulot alors qu’elle n’a plus vingt ans. C’est le cas de beaucoup de comédiennes américaines mais pas de Julianne qui n’a jamais autant travaillé…

Et Robert Pattinson, vous ne pouvez plus vous passer de lui après Cosmopolis?

Il m’avait confié son envie de tenir un petit rôle dans un film choral alors j’ai sauté sur l’occasion pour lui confier un rôle de chauffeur de limousine qui est aussi un comédien raté… Tout le contraire de sa réalité.

Et le poème «Liberté» de Paul Eluard qui sert de fil rouge au récit?

Chacun a sa conception de la liberté et celle de mes personnages est assez particulière. J’avais peur que les Français prennent mal cet emprunt à leur culture mais les réactions à Cannes m’ont rassuré…

 

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